15 mai 2009
"800.000 chômeurs supplémentaires en France d’ici fin 2010."
Il y a déjà 3.700.000 chômeurs inscrits au Pôle Emploi et l’OFCE annonce "800.000 chômeurs supplémentaires en France d’ici fin 2010 " !
"800.000 chômeurs supplémentaires en France d’ici fin 2010."
C’est colossal. Monstrueux. L’information aurait du faire la Une de tous les journaux. Elle aurait du provoquer une très forte réaction des pouvoirs publics… Non. Rien !
Depuis deux ans qu’il est élu, Nicolas Sarkozy n’a rien fait pour lutter contre le chômage. Rien de sérieux ! C’est la première fois depuis 30 ans qu’une équipe arrive au pouvoir et affiche une telle désinvolture sur cette question.
Voilà pourquoi, Marianne et Les Inrockuptibles publient cette semaine un Appel pour des Etats-généraux de l’emploi, co-signé déjà par un millier de citoyens dont Patrick Pelloux, Alain Trautmann, Eric Halphen, Dominique Méda, Roland Gori, Louis Weber et de nombreux responsables politiques : aussi bien Corinne Lepage que José Bové, Noel Mamère et Cécile Duflot, Patrick Braouezec, Geneviève Gaillard, Jean-Louis Bianco et Jean-Paul Huchon…
A un mois des Européennes, si des personnalités de sensibilités aussi différentes s’associent au même Appel, c’est que la question de l’emploi est vraiment fondamentale pour notre avenir.
En 1982, à Wassenaar aux Pays-Bas, les partenaires sociaux ont pris quelques mois pour négocier un nouveau contrat social : temps de travail, formation, fiscalité, aides aux PME, code du travail, politique de recherche, indemnisation des chômeurs, financement des retraites… Tout a été mis sur la table pour arriver à un ensemble de propositions qui a permis, en quelques années, de diviser par deux le chômage et la précarité.
De même, en France, au bout de 30 ans de crise, il est temps de "prendre le taureau par les cornes" et de réunir pendant deux ou trois mois tous les acteurs concernés, afin de construire un nouveau contrat social qui permettra de diviser par deux le chômage et la précarité.
> Créer 2 millions d’emplois
Tel doit être l’objectif de ces Etats-généraux : créer 2 millions d’emplois -de vrais emplois- pour diviser par 2 le chômage, rééquilibrer le partage salaires / bénéfices et redonner du pouvoir d’achat à l’ensemble des ménages.
Le 5 février, lors de son intervention télévisée, Nicolas Sarkozy a dit qu’il envisageait de réunir un Grenelle social. Vu la gravité de la situation, il ne suffit pas l’envisager. Il faut le faire. Et vite ! Il en va de l’avenir de notre République.
Si vous aussi, vous ne supportez plus de voir le chômage augmenter chaque mois sans rien faire, si, vous aussi, vous pensez qu’il est urgent de provoquer un sursaut, signez l’Appel pour des Etats Généraux de l’emploi :
www.appeldu2mai.fr
21 avril 2009
Deux soirées débats autour de la crise
- Mercredi 22 avril à 20h30 - Salle Léo-Delibes au Blanc-Mesnil (à côté de l'école Jules-Ferry) - Soirée débat animée par Guillaume Duval rédacteur en chef de la revue mensuelle Alternatives Économiques. Heures supplémentaires, emploi, crise économique au programme.
- Mardi 28 avril à 20h - Salle Barbara derrière la mairie de Saint-Ouen - Soirée débat animée par Michel Sapin, ancien ministre de l'économie et des Finances et secrétaire National à l'économie du Parti Socialiste. Thème du débat : la crise économique et les solutions qui peuvent y être apportées.
11 avril 2009
"La reprise viendra des Etats-Unis début 2010"
Entretien avec Dominique Strauss-Kahn - (Le Monde, 6 avril 2009) - Propos recueillis par Alexandrine Bouilhet & Jean-Pierre Robin
Le succès politique du G20 suffira-t-il à faire renaître la confiance des investisseurs, des consommateurs et des entreprises ?
Ce serait exagéré de dire que le G20 va à lui seul faire revenir la confiance. Mais il est vrai que la crise est assez largement une crise de confiance. Le succès de ce G20, la détermination des chefs d'État et de gouvernement, les décisions qui ont été prises, constituent un élément du retour à la confiance, ce qui est décisif pour que l'économie reparte.
On peut dire désormais qu'il y a un capitaine dans le bateau ? Un commandement uni ?
C'est difficile à dire, car j'aurai du mal à le nommer. Mais il y a un équipage qui prend l'habitude de travailler ensemble et de tirer des bords comme il convient.
N'êtes vous pas déçu de l'absence d'efforts supplémentaires dans les plans de relance nationaux ?
Non. Le problème principal aujourd'hui ce n'est pas d'augmenter les plans de relance. Pour 2009, le résultat est presque à la hauteur de ce que le FMI avait demandé en février : une relance équivalente à environ 2 % du PIB. Nous n'en sommes pas loin. Pour 2010, on verra, mais l'important est que les États aient déclarés être prêts à en faire davantage si cela s'avérait nécessaire. La polémique sur ce sujet a été exagérée. Les Américains ont, il est vrai, voulu pousser les Européens à faire plus. Honnêtement, si on regarde les programmes de relance, le plan américain est plus massif que le plan européen. Mais quand on tient compte de la protection sociale, des "stabilisateurs automatiques", bien plus forts en Europe, l'écart n'est
pas si grand.
Estimez-vous avoir été entendu au G20 sur la nécessité de nettoyer le bilan des banques ?
Oui. La plupart des chefs d'État et de gouvernement ont compris que le nettoyage du système financier était un préalable indispensable à une relance et une régulation efficace. Ils l'ont affirmé haut et fort au G20. C'est un progrès considérable dans la compréhension du problème et la détermination à y apporter des solutions. Il faut donc le faire maintenant et il faut le faire vite. Le FMI qui a traité 122 crises bancaires dans son histoire, depuis l'après guerre, a noté une constante : le retour à la croissance ne se fait pas tant que l'assainissement du système bancaire n'a pas été opéré. L'exemple le plus frappant est celui du Japon des années 1990 : les Japonais ont déversé des tonnes d'argent public pour favoriser la relance, mais cela n'a rien donné jusqu'au moment où ils ont fini pas nettoyer leur système bancaire. J'ai le sentiment d'avoir été entendu, nous allons voir maintenant si les décisions suivent.
Que faut-il attendre des 1100 milliards de dollars annoncés ?
Même si elle additionne un peu des choux et des carottes, la somme est considérable : 500 milliards pour le FMI, plus 250 milliards de DTS, 100 milliards pour les banques de développement dont la Banque mondiale. A quoi s'ajoutent 250 milliards pour le financement du commerce mondial qui seront mobilisés par la Banque Mondiale et toute une série d'agences pour le commerce extérieur, comme la Coface en France. Le soutien au commerce mondial est capital, car son financement a été l'une des victimes directe du "credit crunch" et du rapatriement des capitaux par les banques occidentales.
Cette enveloppe sera-t-elle rapidement mobilisable ? Sur quels montants le FMI peut-il compter dès 2009 ?
C'est une question de semaines, voire de mois, mais pas plus. Pour sa part le FMI aura son compte ; les 500 milliards de dollars de ressources supplémentaires seront disponibles avant la fin de l'année. On a déjà 100 milliards du gouvernement japonais, 100 milliards des Européens et environ autant attendu des États-Unis. Les Chinois et les Russes m'ont fait part de leur intérêt. D'autres pays ont déjà annoncé leur participation et vont nous aider. On sera donc proche des 500 milliards à la fin de l'année.
Le G20 a décidé d'augmenter de 250 milliards, les Droits de Tirage Spéciaux du FMI. Pouvez-vous nous donner une définition simple des DTS et nous dire à quoi cela sert ?
Il s'agit d'une capacité d'emprunt offerte à chacun des membres du FMI, en fonction de ses quotas au capital du Fonds. Cet instrument de financement est négociable : les pays qui n'en ont pas besoin peuvent les prêter à d'autres. En ce sens, cela devient une monnaie, mais uniquement échangée entre les banques centrales des pays. L'augmentation des DTS, à quoi ça sert ? D'abord à augmenter les réserves des banques centrales et aider les pays à stabiliser leurs monnaies. Les pays africains qui ont entre 7 ou et 8% de quotas du FMI, vont ainsi recevoir 19 milliards de dollars. Ils peuvent obtenir davantage ensuite grâce à des accords d'échanges avec les pays développés. Résultat : cela crée une liquidité internationale
supplémentaire. Le seul inconvénient est le risque inflationniste, mais il est aujourd'hui limité ! Cela revient aussi à faire fonctionner le FMI presque comme une banque centrale. Par ailleurs cela donne un coup de pouce à l'idée de monnaie internationale, ce qui est très important sur le plan symbolique.
Pourquoi ?
Cela démontre que les États-Unis, qui ont approuvé une telle décision et qui en sont même à l'origine, acceptent de renforcer le FMI dans son rôle de prêteur en dernier ressort et de fournisseur de liquidités internationales. Cela confirme la conversion de la nouvelle administration américaine à une approche plus multilatérale dans les relations internationales.
Cette remise au centre du jeu des DTS aurait aussi fait plaisir au Général de Gaulle …
Est-ce également une réponse aux Chinois qui souhaitent la création d'une monnaie de réserve de substituant au dollar ?
Effectivement. Les Autorités françaises ont toujours été opposées à la une domination exagérée du dollar et favorables aux émissions de DTS. Ce n'est pas un hasard, non plus, si les Chinois ont parlé des DTS avant le G20. Mais la suprématie du dollar dans le système international est encore là pour longtemps. Ce ne sont pas ces 250 milliards qui vont complètement changer les choses. En termes absolus c'est peu, comparé aux milliers de milliards de dollars en circulation. En revanche, c'est une décision porteuse de symbole.
Le FMI va-t-il être en mesure d'assurer mieux son rôle de surveillance des monnaies et de mettre en garde sur les déséquilibres commerciaux qui sont à l'origine de la crise actuelle ?
Je nuancerai les choses. Ces déséquilibres sont certes un problème en soi et il faut y remédier. Mais on peut sans peine imaginer une situation dans laquelle il n'y aurait pas de déséquilibres internationaux, et où les pratiques bancaires nationales auraient quand même déclenché des problèmes de surendettement, de subprime et de titrisation, du fait de la défaillance des contrôles bancaires !
Le nouveau poids qu'entend jouer la Chine au FMI ne va-t-il pas vous empêcher de critiquer la sous évaluation du yuan ?
Au contraire. On est plus à même de donner des conseils lorsque les pays sont autour de la table que lorsqu'ils en sont absents. Le FMI doit être franc et je dis depuis des mois que le remimbi (l'autre nom du yuan, ndlr) est sous-évalué et que la voie pour le réévaluer est que la croissance chinoise ne se nourrisse plus exclusivement des exportations, mais se recentre sur la demande intérieure, ce qui en train de se passer.
En matière de surveillance et de régulation pourquoi l'idée d'une Organisation mondiale de la finance, sur le modèle de l'OMC pour le commerce, est-elle considérée comme impossible ?
On a souvent voulu attribuer au FMI un tel rôle. Je ne suis pas sûr que l'on ait besoin d'un grand régulateur au niveau mondial. Mais de toutes façons, ce n'est pas notre mission. C'est plutôt le rôle du Forum de stabilité financière, et maintenant du Conseil de stabilité financière, que de créer des règles prudentielles. C'est ce Conseil qui doit coordonner les organismes spécialisés dans la régulation comme le Comité de Bâle pour les activités bancaires ou l'IOSCO pour les valeurs mobilières, et ces institutions elles-mêmes rassemblent les autorités nationales, telle la commission bancaire en France. L'essentiel est que ces règles existent dans chaque pays et qu'elles soient respectées. C'est alors qu'intervient le FMI pour examiner si les secteurs financiers nationaux fonctionnent correctement. C'est un travail de surveillance et non pas de régulateur. On appelle cela les FSAP, Financial Sector Assessment Program. Cette procédure, nous allons d'ailleurs l'améliorer de façon à effectuer des "stress test", des tests de résistance, en cas de crise. Il s'agit de procédures volontaires, et parmi les grands pays, seuls les États-Unis et la Chine avaient jusqu'à maintenant toujours refusé d'y participer. Mais depuis la crise ils ont accepté de s'y soumettre.
Quels seront les signes avant-coureur de la reprise mondiale ?
La crise est partie des États-Unis, dans le secteur immobilier. Le redémarrage se constatera d'abord aux États-Unis. Il faut donc surveiller les prix de l'immobilier américain. La fin de la baisse constituera un signe important. On peut penser qu'on n'est pas trop loin du plancher, d'où notre schéma de reprise au premier semestre 2010. Un autre indicateur à suivre, est l'état des stocks des entreprises. Le déstockage va arriver à son terme, et la production pourra alors reprendre. Le redémarrage des marchés de crédits, qui restent encore gelés, est également essentiel. La reprise du commerce international constituera également un test de fin de crise.
Dans un monde financier dévasté, le FMI apparaît comme un îlot de prospérité avec des perspectives de bénéfices importants. Allez-vous embaucher ?
Notre mission n'est pas de faire des bénéfices mais de contribuer à la stabilité financière et d'aider les pays à résoudre leurs problèmes de déficits extérieurs. Nous allons effectivement renforcer nos effectifs. Nous nous apprêtons à recruter une petite centaine de spécialistes.
03 avril 2009
A quand la fin des hyper-privilèges ?
Les faits sont bien établis par une étude de
Camille Landais, économiste à l’Ecole
d’économie de Paris. Ils sont hélas
trop méconnus. Ces dernières années,
le revenu de l’immense majorité des
Français a quasiment stagné : entre 1998 et 2005,
90% des foyers, soit 31,5 millions de familles, ont vu leur revenu
croître de 0,6% par an seulement. Chaque mois, ces millions
de femmes, d’hommes et d’enfants vivent avec 1 500€ en moyenne. Parfois un peu plus. Souvent beaucoup moins.
De l’autre côté du miroir, les
très hauts revenus ont explosé. Les 3 500
contribuables les plus riches du pays (sur 35 millions de contribuables
aujourd’hui en France), ont connu des hausses de revenu de
43%. Chaque mois, ces familles gagnent en moyenne 125 000 €.
Parfois un peu moins. Souvent beaucoup plus.
Cette augmentation des inégalités vient
d’abord des inégalités de patrimoine.
Mais les inégalités salariales ne sont pas en
reste. Les 2 500 personnes les mieux payées de France,
notamment les chefs d’entreprises de très grands
groupes, ont vu leurs salaires augmenter de moitié entre
1998 et 2005. En comparaison, les 20 millions de travailleurs qui
représentent 90% de la population salariée,
n’ont eu droit qu’à 4% en huit ans.
La France connaît ainsi une évolution qui la
rapproche progressivement des pays anglo-saxons. Sommes-nous
sûr de le vouloir, au moment où le
libéralisme apporte l’ultime preuve de sa
toxicité ? En 2007, le Directeur
général de l’Oréal a
gagné plus de 250 fois le SMIC. Quelle compétence
peut, en dernier ressort, justifier ce niveau de
rémunération ? Les dirigeants de grandes
entreprises engagent-ils leur propre capital ? Non. S’agit-il
de la juste rémunération du risque pris par
l’entrepreneur ? Non plus.
Car il y a d’un côté les dirigeants de
PME. Ceux-ci engagent leur propre capital, ils sont souvent caution
personnelle et peuvent tout perdre du jour au lendemain. Et il y a de
l’autre les dirigeants d’entreprises
cotées au CAC 40. Ceux-là prennent des risques
avec un argent qui ne leur appartient pas. Ils sont
intéressés aux profits. Mais les pertes ne les
atteignent pas.
Demander la limitation de certaines
rémunérations, voire leur suppression
lorsqu’il s’agit des stock-options, ce
n’est donc pas crier au loup, clouer au pilori et vouer aux
gémonies. Ce n’est pas non plus céder
à la tentation de l’amalgame stérile,
celui du "tous pareils". C’est avoir le
sens de l’intérêt
général. C’est avoir la
lucidité d'admettre que le capitalisme
créé aujourd’hui les conditions de sa
propre perte. Apprenons au moins des échecs qui ont
plongé le monde dans la dépression.
De quoi s’agit-il au fond ?
D’abord de justice. On ne bâtit pas une
société harmonieuse sur des gouffres. Il
n’est pas de cohésion, il n’est pas de
conscience commune ou d’unité quand
l’inégalité des conditions de vie, les
privilèges, les prébendes créent des
castes.
D’efficacité ensuite. On ne peut laisser perdurer
des modes de rémunération qui conduisent les
dirigeants à prendre des risques incalculés, au
mépris de l’entreprise elle-même et de
ceux qui se dévouent sincèrement pour elle. Les
bonus bancaires et les stock-options privilégient
l’augmentation artificielle du cours des actions :
modération salariale pour les plus nombreux voire
licenciements boursiers pour gonfler une rentabilité de
façade ; versement de dividendes pour
l’actionnaire. Combien d’entreprises ont ainsi
préparé le terrain de leur échec ?
Alors on nous propose aujourd’hui un décret pour
limiter les rémunérations des dirigeants.
L’idée serait bonne si on avait
réellement eu la volonté d’attaquer le
mal à la racine. Il n’en est rien et je le
regrette : on offre quelques "retaillons" de
réforme pour faire oublier les connivences, en
espérant ainsi calmer la colère populaire. Trois
raisons me conduisent à déchirer le voile
d’illusion que certains tentent de tendre sous nos yeux :
• Le champ
d’application du décret d’abord,
qui se
limite aux sociétés dans lesquelles
l’Etat apporte des aides directes. Or les effets pervers et
les injustices liées aux versements de bonus, de
stock-options, de parachutes dorés et de retraites chapeaux
concernent évidemment un nombre bien plus
élevé d’entreprises,
d’ailleurs toutes aidées par l’Etat sous
forme d’allègement de cotisations sociales.
• Son objet
ensuite. Le
décret n’interdit que l’attribution
d’actions gratuites et de stock-options. Il se contente "d’encadrer" les bonus par des
recommandations sur les montants et les critères de
performances. Rien de sérieux sur les parachutes
dorés ou les retraites chapeaux.
• Sa
durée enfin. Le
décret, qui n’a par nature aucun effet
rétroactif, étend sa portée
jusqu’à fin 2010, comme si ce qui était
inacceptable aujourd’hui ne l’était plus
demain.
Ne l’oublions pas : la crise que nous traversons est celle
d’un libéralisme fondé sur
l’absence de règles et de contre-pouvoirs, sur les
privilèges qu’une minorité
s’est accordée à elle-même,
sur la recherche d’un profit à tout prix qui a
encouragé les spéculations les plus folles. Au
moment où il est question de "refondation du
capitalisme", une autre direction est plus que jamais
nécessaire. Celle-ci pourrait être
articulée autour de trois piliers :
• Proposer une
loi supprimant
purement et simplement les rémunérations en
actions gratuites et stock-options. Pour les start-ups, le
système de Bons de Souscription d’Actions serait
maintenu et développé de manière
à favoriser la création et l’innovation.
• Instaurer de
véritables contrepouvoirs salariaux au sein des entreprises.
On nous a présenté la transparence comme une
nouvelle panacée. Mais que vaut la transparence
lorsqu’elle devient source d’un alignement par le
haut, lorsqu’un dirigeant, voyant les droits que
s’octroie son voisin, décide de suivre et dit "banco" ? Ce qu’il faut,
c’est donner enfin aux salariés la
possibilité d’être
représentés, par exemple à hauteur de
30% dans les conseils d’administration des entreprises.
• Abroger le
bouclier fiscal,
qui encourage tous les excès, et poser l’acte
d’une véritable révolution fiscale.
Les
800 personnes qui, en 2008, ont
bénéficié d’un
chèque de 368 000€ sont celles qui jouissent
déjà des rémunérations les
plus élevées. Cette "double prime" est d’autant plus révoltante que la
progressivité de l’impôt est
déjà rognée par les 500 niches
fiscales qui existent dans notre pays.
Face au sentiment de révolte qui monte aujourd’hui
de partout, nous proposons une révolution pacifique,
fondée sur la justice et le respect de ceux qui, victimes de
la crise, s’exaspèrent de voir une
minorité cumuler les privilèges. Plus que jamais
nous attendons de ceux qui nous gouvernent de l’ordre juste,
de l’exemplarité et un sens aigu des
responsabilités.
Amitiés,
Ségolène
Royal
Téléchargez la note : htrev
25 mars 2009
Comme en 1930, une course de vitesse est engagée contre la crise, par Pierre Larrouturou
Nous sommes en 1930. La crise a éclaté
quelques mois plus tôt. Partout le chômage augmente mais rien
d'irréversible ne s'est encore produit. Nulle part la crise sociale n'a
encore débouché sur la barbarie. En 1930, dans son premier livre, Contribution aux Etats-Unis d'Europe, Pierre Mendès France écrit que, pour éviter le chaos, "une course de vitesse est engagée", et pour gagner cette course de vitesse, Mendès France
affirme qu'il faut créer une monnaie unique européenne dotée d'une
vraie gestion politique et investir sur le plan social les marges de manœuvre créées par cette monnaie unique.
Monnaie unique. Gouvernement politique. Projet social. En 1930, un sursaut européen est possible car l'Allemagne est un pays démocratique. Hélas, Mendès n'est pas écouté et, trois ans plus tard, après l'arrivée au pouvoir de Hitler, plus personne ne propose un sursaut européen... En 1930, il était possible d'agir. Trois ans plus tard, il est trop tard.
Aujourd'hui, nous sommes en 1930. La bulle a éclaté. Partout la courbe du chômage s'affole. Nul ne peut plus nier l'extrême gravité de la crise, mais rien d'irréversible ne s'est encore produit. Comme en 1930, la cause profonde de la crise est avant tout sociale : dans tous les pays occidentaux, depuis le début des années 1980, chômage et précarité ont provoqué des déséquilibres sans précédent.
En vingt-cinq ans, en Europe et au Japon, la part des salaires dans le PIB a diminué de 11 %. Aux Etats-Unis, seuls les 5 % des personnes les plus riches ont vu leurs revenus augmenter depuis dix ans. Les autres ont vu leurs revenus stagner ou diminuer. Si la consommation a continué d'augmenter, c'est uniquement parce que l'on a poussé les classes moyennes et les pauvres à s'endetter. A s'endetter de façon insoutenable.
Comme en 1930, une course de vitesse est engagée. Pour trois raisons au moins. Premièrement, la situation sociale en Chine est totalement instable. Tous ceux qui ricanaient, en 2003, quand nous nous inquiétions du niveau de la dette privée aux Etats-Unis, ricanaient aussi quand nous soulignions la fragilité de la croissance chinoise. "Il n'y a aucun risque de récession aux Etats-Unis, affirmaient-ils. Et même si les Etats-Unis ralentissent, la Chine prendra le relais."
Le 2 février, le gouvernement chinois a annoncé que 20 millions de travailleurs migrants ont déjà perdu leur emploi à cause de la crise. En quelques mois seulement, 20 millions de nouveaux chômeurs ! En huit ans, la Chine a doublé son budget militaire et le 3 mars, le gouvernement a encore annoncé une augmentation de 15% ! Si la situation se dégrade trop fortement, nul ne peut être certain que ce qui s'est passé en Allemagne entre 1933 et 1945 ne va pas se jouer à nouveau en Chine dans les vingt ans qui viennent, avec Taïwan ou le Tibet dans le rôle de l'Alsace-Lorraine.
Une course de vitesse est engagée aussi en Europe. Des milliers de jeunes étaient dans la rue à Athènes en novembre 2008 pour crier leur ras-le-bol du chômage et des petits boulots. En France, les émeutes de Guadeloupe rappellent celles de 2005 et expriment la même attente de dignité et de justice sociale. En Espagne, beaucoup s'inquiètent d'une possible explosion sociale si, comme l'annonce la Commission européenne, le chômage atteint en 2010 19 % de la population...
Tous nos pays sont dans une situation de tension extrême. Et nul ne sait ce que peut donner le ras-le-bol des classes moyennes, des précaires et des pauvres si nos élites sont incapables de construire très vite et de mettre en oeuvre une stratégie de sortie de crise.
Une course de vitesse est engagée pour une troisième raison : il ne faudrait pas que la gravité de la crise sociale nous fasse oublier la gravité de la crise climatique et de la crise alimentaire, que les milliards que l'on donne aux banques soient retirés des plans de lutte contre le dérèglement climatique ou de l'aide au développement.
Au bout de trente ans de fuite en avant, nous n'avons plus droit à l'erreur. Nous avons encore quelques marges de manoeuvre mais elles sont limitées. Que voulons-nous en faire ? Voulons-nous "relancer" un système à bout de souffle, socialement injuste et écologiquement intenable, ou voulons-nous utiliser ce qui nous reste de marges de manoeuvre pour construire une nouvelle société, plus juste et plus durable ? Il faut choisir.
Comme en 1930, nous sommes dans un moment où l'Histoire hésite. Ce moment où nul ne peut plus contester l'extrême gravité de la crise mais où rien d'irréversible ne s'est encore produit. Et comme en 1930, une partie des solutions est à construire au niveau européen.
J'étais à Madrid, le 1er et le 2 décembre 2008, au Congrès des socialistes européens. Tous, nous étions très émus de voir des femmes et des hommes venus des vingt-sept pays d'Europe se lever les uns après les autres pour soutenir le Manifesto Poul Rasmussen, le président du Parti socialiste européen. C'était une première dans l'histoire de l'Europe. rédigé sous la houlette de
Mais il faut aller plus loin. Plus vite. Tous ceux qui ont pris la parole à Madrid l'ont dit : l'adoption du Manifesto n'est qu'un premier pas. Il faut être plus ambitieux et plus concrets si l'on veut gagner la "course de vitesse". Voilà pourquoi, il y a quelques semaines, lors d'un face-à-face organisé à Bruxelles avec Poul Rasmussen, je lui ai proposé que les socialistes européens prennent une initiative historique.
A Bretton Woods, en 1944, on a réuni économistes et dirigeants politiques pendant trois semaines. Trois semaines pour inventer les règles du jeu qui ont permis trente ans de stabilité et de prospérité. De même, j'ai proposé à Poul Rasmussen d'inviter les socialistes et les syndicats des pays d'Europe à se retrouver pendant trois semaines pour approfondir le Manifesto.
Trois semaines de travail pour éviter que la crise échappe à notre contrôle. Trois semaines pour apporter des solutions concrètes à la crise financière et, surtout, construire un nouveau pacte social. Est-ce trop demander ?
Nous devons nous laisser bousculer par la crise. Nous ne pouvons pas attendre que le système s'écroule pour nous donner les moyens (et donc le temps) de nous mettre sérieusement au travail.
Je renouvelle aujourd'hui mon appel : si nous voulons gagner la course de vitesse, si nous voulons gagner les élections européennes pour être en situation de négocier avec les Etats-Unis et la Chine un nouvel équilibre mondial, il est urgent de réunir les socialistes des vingt-sept pays pour muscler notre Manifesto. Poul, Martine, Jose-Luis, Elio et Frank-Walter qu'en pensez-vous ?
Pierre Larrouturou est économiste et ancien délégué national Europe du PS. Il publiera en avril "Crise : la solution interdite" chez Desclée de Brouwer. Ceux qui souhaitent soutenir cet appel peuvent le faire sur www.nouvellegauche.fr.
16 mars 2009
Heures supplémentaires : il faut arrêter les frais
Au moment où la crise provoque une vive remontée du chômage, en particulier chez les jeunes, il faut revenir sur les exonérations sociales et fiscales accordées aux heures supplémentaires. En effet, dans le contexte actuel, l’emploi doit être la priorité absolue de l’action des pouvoirs publics. Or, les exonérations fiscales et sociales décidées en 2007 ne visaient qu’à accroître le nombre des heures supplémentaires effectuées par les salariés déjà en activité. Et, en dépit de la récession, le nombre des heures supplémentaires déclarées a en effet progressé de près de 40 millions entre le quatrième trimestre de 2007 et la même période de 2008, soit l’équivalent de 90 000 emplois à plein temps. Ces mesures contribuent donc manifestement à dissuader les entreprises qui en auraient la possibilité d’embaucher des jeunes ou des chômeurs alors que les quelques trois à quatre milliards d’euros qui leur ont été consacrés en 2008 pourraient avantageusement être mis au service de la création d’emplois. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement et au parlement d’abroger sans délai les mesures défiscalisant les heures supplémentaires et les exonérant de cotisations sociales.
Parmi les premiers signataires :
Michel Abhervé, acteur de l’insertion par l’activité économique ; Gérard Aschieri, secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU) ; Stéphane Beaud, sociologue ; Alain Caillé, sociologue ; Gilbert Cette, professeur d’économie ; Jacques Chemarin, dirigeant mutualiste ; François Chérèque, secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) ; Denis Clerc, économiste, fondateur d’Alternatives économiques ; Dominique Crepel, président de la Chambre régionale de l’économie sociale du Nord - Pas de Calais ; Jean-Baptiste De Foucauld, président de Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) ; Jacques Dughera, acteur de l’insertion par l’activité économique ; Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives Economiques ; Pierre Ferracci, président-directeur général du groupe Alpha ; Philippe Frémeaux, président-directeur général d’Alternatives Economiques ; Jacques Freyssinet, économiste ; Jean Gadrey, économiste ; Bernard Gazier, économiste ; le collectif Génération précaire ; Eric Heyer, économiste ; Florence Jany-Catrice, économiste ; Pierre Khalfa, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires ; Nicole Maestracci, présidente de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS) ; Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière (FO) ; Jean-Paul Maréchal, économiste ; Joël Maurice, économiste ; Dominique Méda, sociologue ; Hervé Nathan, rédacteur en chef à Marianne ; Alain Olive, secrétaire général de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA) ; Serge Paugam, sociologue ; Thomas Piketty, économiste ; Jean-Paul Raillard, directeur du cabinet Syndex ; Maurice Szafran, directeur de Marianne ; Bernard Thibault, secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT) ; Carole Tuchszirer, économiste ; Bernard Van Craeynest, secrétaire général de la Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC).
Si vous souhaitez soutenir notre initiative, la pétition peut être signée à l'adresse suivante : www.alternatives-economiques.
05 mars 2009
On n'a pas encore atteint le point dur de la crise
Didier Migaud, député (PS) de l'Isère, préside la commission des
Finances des l'Assemblée. Il décrypte à la fois la communication de
l'exécutif et livre ses propositions de relance.
Chaque jour qui passe ou presque réserve une nouvelle déclaration par rapport à la conjoncture. Christine Lagarde a commencé le travail hier, François Fillon l'a poursuivi aujourd'hui, pour décrire une année 2009 catastrophique. La communication gouvernementale est-elle juste cahotique ou finement calculée ?
Nous sommes effectivement dans de la communication. Mais l'information est tardive par rapport à la réalité. Cela fait longtemps que l'on sait que les hypothèses de croissance pour 2009 entre 0,2 et 0,5% étaient totalement caduques. Car cette communication même tardive reste encore bien en-dessous de la réalité. Je peux comprendre qu'un gouvernement veuille rester optimiste et volontariste, mais la politique de communication dans d'autres pays correspond davantage à la réalité. Et on n'y constate pas tous ces retards dans les annonces.
On remarque aussi que le président Sarkozy ne se fait que très rarement le messager des mauvaises nouvelles, en laissant le soin à ses lieutenants. Cette répartition des rôles est-elle classique en matière de communication gouvernementale de crise ?
Cela peut être un partage des rôles calculé, mais cela peut aussi traduire des divergences entre le gouvernement et le chef de l'Etat. Le Premier ministre étant plus soucieux de l'explosion des déficits publics que le Président lui-même.
Mais ces annonces à répétition ne brouillent-elles pas finalement le message ?
Je pense que ce n'est pas une bonne tactique pour l'opinion. Mais c'est le tempérament du Président de s'exprimer au quotidien pour affirmer sa volonté d'agir. Mais les gens n'attendent pas forcément une communication au quotidien. Là, on donne plus l'impression de subir que d'agir. Du reste, on le voit, les attentes des Français restent fortes.
Comment agiriez-vous ?
Je crois que c'est à nous, politiques, de faire en sorte d'apporter des réponses à nos concitoyens. Il y a un décalage dans la communication du gouvernement entre la gravité de la crise et la certaine faiblesse des mesures proposées en France par rapport à ce qui se passe dans d'autres pays: en Allemagne, aux Etats-Unis...
C'est-à-dire que le gouvernement infantilise quelque peu les Français en choisissant de ne pas leur dévoiler la réalité telle qu'elle est, ou sera?
Le discours du Président à Toulon sur la crise, les propos qu'il tient sur la nécessité de lutter contre les paradis fiscaux sont des déclarations fortes, mais elles sont quelque peu en décalage par rapport aux actes qui ne suivent pas. C'est un gros risque, qui peut agraver le sentiment des Français d'une certaine impuissance. Et l'énergie, seule, ne suffit pas. Il faut aussi des actes: l'indemnisation du chômage, la rémunération du travail à temps partiel, la durée du chômage... Là, ce que propose le gouvernement, comme la mesure sur les impôts sur le revenu, ce ne sont que des demi-mesures.
Que diriez-vous aux Français ?
Que c'est une crise d'une gravité extrême, dont on n'a pas encore vu le point le plus dur. Il faut donc conserver son sang froid et prendre des mesures fortes, efficaces, justes. Les Français peuvent tout à fait entendre que telle mesure n'est pas possible, et qu'il faut faire des efforts. Mais il faut que ces efforts soient partagés. Là, avec le bouclier fical, le contenu des mesures fiscales — y compris les heures supplémentaires, mesure coûteuse au regard de son efficacité et qui, en plus, détruit de l'emploi — on dépense sans pertinence, de façon très injuste et sans efficacité réelle. C'est un luxe inconcevable en période de crise.
26 janvier 2009
Le PS présente un contre-plan pour la filière automobile
Le Parti socialiste a présenté lundi un contre-plan d'environ 5 milliards d'euros pour soutenir la filière automobile.
"Il y a aujourd'hui un SOS filière automobile en danger et abandonnée par le gouvernement. Nous répondons à cette urgence", a expliqué Guillaume Bachelay, secrétaire national à la politique industrielle du PS et maire-adjoint de Cléon (Seine-Maritime), où est implantée une usine Renault.
Alors que François Fillon a promis la semaine dernière un effort "massif" de l'ordre de "cinq ou six milliards d'euros" pour ce secteur, le responsable socialiste a reproché au gouvernement de donner des aides uniquement aux grands groupes et sans contrepartie. "Aujourd'hui, rien n'est fait pour les sous-traitants, les consommateurs", a estimé M. Bachelay. "Ce n'est pas avec une prime de 1.000 € qu'on peut s'acheter une voiture qui coûte 15 fois plus cher".
Guillaume Bachelay a présenté une série de mesures d'urgence, déclinaison pour l'automobile du contre-plan de relance dévoilé mercredi dernier par Martine Aubry. Il préconise d'abord de prolonger de 800 heures le chômage partiel des salariés du secteur sur les 18 prochains mois, avec une indemnisation portée à 80% du salaire.
Le PS propose des prêts à taux bonifiés et des garanties de paiement pour les entreprises. Des "engagements forts" en matière d'emploi et de politique salariale seraient exigés des grands groupes en contrepartie de ces aides, pour faire en sorte que l'argent soit utilisé pour l'investissement et ne conduise pas à augmenter la rémunération des actionnaires.
A plus long terme, le PS suggère la création d'un pôle public d'investissement industriel et la constitution de "fonds régionaux d'investissement et de réindustrialisation" dotés de 7 milliards d'euros, dont 500 millions pour la filière automobile.
13 novembre 2008
Essai : La crise financière par Didier Migaud
Téléchargez l'essai : migaud
La crise financière a trop longtemps été sous-estimée. Pourtant, dès l’été 2007, les mécanismes en étaient identifiés, ce qui a conduit Didier Migaud à souhaiter que la Commission des finances de l’Assemblée nationale, qu’il préside, se penche sur le système financier et sa régulation. Mais cette crise, essentiellement due à un excès de libéralisation et à un manque de régulation, révèle également la faillite d’un modèle de développement fondé sur la stagnation des salaires et l’endettement des ménages. Restaurer la confiance, base du crédit, prendra du temps et ne pourra se faire qu’en imposant une régulation à l’ensemble des acteurs, y compris les plus récalcitrants. Mais au-delà, c’est un nouveau modèle de développement qu’il nous faut inventer.
05 novembre 2008
Faire la révolution de l'emploi
Texte présenté par Gaëtan Gorce - Député PS de la Nièvre -
Rapporteur spécial du budget de l'emploi et de la formation et les experts et personnalités regroupés au sein du cercle de l'emploi. Ce texte se veut plus un appel à la réflexion et au débat qu'un ensemble de propositions constitutif d'un projet d'ensemble. À ce titre, il appelle réaction et commentaires.




