10 novembre 2009

"Liberté, j'écris ton nom" mais surtout je n'en use pas !

Il semble que la France de Nicolas Sarkozy ne soit pas celle qui trône sur tous les frontons de toutes les mairies de France où la devise de la République commence par "Liberté". On en veut pour preuve cet article paru dans Libération... Il va falloir réécrire l'Histoire ! Amis de l'Académie Goncourt, vos lauréats seront désormais scrutés à la loupe et rien de subversif ne devra être dit par aucun d'entre eux. La France du XXIe présente de tristes augures si l'on n'est même plus libre d'avoir une opinion et de l'exprimer publiquement.


Raoult (UMP) invente un «devoir de réserve» pour les Prix Goncourt

Le député de Seine-Saint-Denis reproche à Marie NDiaye ses propos sur la France de Nicolas Sarkozy et attend du ministre de la Culture qu'il la recadre. Mais à quel titre ?

Un concept fabriqué de toutes pièces. Dans une question écrite adressée, la semaine dernière, au ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, Eric Raoult, colère après avoir découvert les propos de Marie NDiaye dans un entretien aux Inrocks, en appelle au «devoir de réserve dû aux lauréats du Prix Goncourt».

Au nom de quoi ? «Une personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France se doit de faire preuve d’un certain respect à l’égard de nos institutions», invoque le député de Seine-Saint-Denis, dans sa question. Et donc, selon lui, de modérer ses critiques à l’égard du président de la République ou de ses ministres.

Dans cette interview, parue le 30 août, l’auteure de Trois femmes puissantes (Gallimard), pas encore primée, qualifie la France de Nicolas Sarkozy de «monstrueuse». Son choix, il y a deux ans et demi, de partir vivre à Berlin, avec son compagnon, Jean-Yves Cendrey, également écrivain, et leurs trois enfants, «est loin d’être étranger à ça», ajoute-t-elle. «Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j’ai bien conscience que dire ça peut paraître snob.» Dénonçant une «atmosphère de flicage, de vulgarité», elle juge «monstrueux», l’actuel ministre de l’Immigration, Eric Besson, et son prédécesseur, Brice Hortefeux.

Des propos «d’une rare violence», «peu respectueux, voire insultants», s’indigne Raoult. Alors que vient d’être lancé le débat, voulu par Besson, sur l’identité nationale, voilà qui fait désordre ? «Rien à voir», coupe le député. Pour lui, c’est son Goncourt, «le prix littéraire le plus prestigieux» et «regardé en France mais aussi dans le monde», qui devrait obliger Marie NDiaye à tenir sa langue: «le message délivré par les lauréats se doit de respecter la cohésion nationale et l’image de notre pays», invente Raoult. Une recommandation qui fleure la censure. Le député s’en défend: «Je suis pour la liberté d’expression la plus totale des écrivains, ce qui n’est pas la liberté de calomnier ou d’insulter.»

Il demande donc à Frédéric Mitterrand de rappeler aux primés un «nécessaire devoir de réserve qui va dans le sens d’une plus grande exemplarité et responsabilité».


Extrait de l'interview de Marie N'Diaye dans les Inrocks

Vous sentez-vous bien dans la France de Sarkozy ? 

Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous (avec son compagnon, l’écrivain Jean-Yves Cendrey, et leurs trois enfants – ndlr) ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d’être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j’ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je me souviens d’une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j’aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : “La droite, c’est la mort.” Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n’a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n’a plus.

Posté par Mapiedse à 13:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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