16 septembre 2009

Des Gaulois en armes découverts sur un chantier

Quatorze squelettes et douze sépultures ont été exhumés sur un chantier. Des guerriers, peut-être des aristocrates ? En tout cas, une belle découverte, par Toutatis !

D’un coup de pelleteuse, la mission archéologique du département a fait un saut de deux mille trois cent cinquante ans dans le passé au Blanc-Mesnil. Alors que la jeune archéologue Pauline Susini effectuait une fouille préventive sur un chantier de construction d’une zone d’activités, située entre l’A 1 et l’avenue Descartes, elle tombe sur un crâne.

Le périmètre de recherche est alors étendu et ce sont finalement quatorze squelettes et douze sépultures qui sont découverts. Dans la plupart d’entre elles sont retrouvés un glaive, une lance ou des fibules, ces ancêtres de l’épingle à nourrice, dont l’usage séculaire permet aux archéologues de dater précisément leurs découvertes.
Qui étaient ces Gaulois ? Pour le moment, la réponse est floue. Les objets métalliques ont été envoyés en début de semaine dans un laboratoire d’analyses à Compiègne (Oise) et les os vont être examinés par un archéo-anthropologue. Toutefois, Yves Le Béchennec, attaché de conservation à la mission archéologique, qui a par ailleurs supervisé les recherches sur le site gaulois d’Avicenne, à Bobigny, avance quelques pistes. « On peut supposer qu’il s’agit d’une nécropole d’aristocrates, puisqu’ils ont été enterrés avec leurs armes dans une tombe », avance-t-il. A cette époque, la majorité des Gaulois n’avaient pas de sépulture après leur mort. Le faible nombre de squelettes exhumés constitue la deuxième particularité. « Ce pourrait être une petite famille », suppose l’archéologue. A titre de comparaison, plus de six cents squelettes ont été découverts à Avicenne.
Enfin, Yves le Béchennec estime, à l’épaisseur du crâne de l’un des squelettes, que ces Gaulois étaient de grands carnivores. En revanche, il suppose qu’ils se nourrissaient de bovins qu’ils élevaient plutôt que de sangliers chassés en forêt.

A la recherche de griffons et de dragons

Ces premières observations sont cependant insuffisantes pour que l’on soit affirmatif. Les plus grands espoirs se portent désormais non pas sur les épées mais sur la rouille dont elles sont recouvertes. Après une longue phase de restauration, les ornements des fourreaux des épées devraient apparaître. Les archéologues espèrent y découvrir des représentations d’animaux légendaires, comme des griffons ou des dragons. Enfin, toutes les recherches effectuées feront l’objet de comparaisons avec le site de Bobigny, dont la proximité laisse supposer des liens entre les deux communautés. Une comparaison sera également effectuée avec le site de Nanterre (Hauts-de-Seine), où une trentaine de guerriers gaulois avaient été découverts en 2003. Pour de plus amples informations, il faudra « attendre deux ou trois ans », confie, un peu frustrée, Pauline Susini. Ces Gaulois du Blanc-Mesnil sont sa première découverte.

Posté par Mapiedse à 14:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires sur Des Gaulois en armes découverts sur un chantier

Nouveau commentaire