31 mars 2009
Rencontre Terra Nova
RENCONTRE EXCEPTIONNELLE AVEC
M. HOWARD DEAN
Président émérite du Parti démocrate des États-Unis

"Moderniser la vie politique Le modèle Obama"
Samedi 4 avril, de 16h à 18h, en mairie du IVe arrondissement de Paris
En présence de
Arnaud MONTEBOURG, Député de Saône-et-Loire,
Delphine BATHO, Députée des Deux-Sèvres,
Olivier FERRAND, Président de Terra Nova
Président du
Parti démocrate de 2004 à 2009, ancien Gouverneur du Vermont, Howard
Dean est considéré comme le précurseur et l’architecte de la victoire
de Barack Obama. Candidat à la primaire présidentielle en 2004 face à
John Kerry, il est le premier candidat à avoir maîtrisé internet, en
s’appuyant notamment sur Move On pour créer un mouvement de soutien. A
la tête des Démocrates, il a contribué à élaborer la stratégie
politique gagnante ("stratégie des 50 Etats", allongement de la
primaire) et les outils technologiques (présence sur les réseaux
sociaux, site internet communautaire, financement par petits dons,
programme de porte à porte…) qui ont été mis en œuvre par le candidat
Obama. Il a également été au cœur de l’élaboration du programme
présidentiel.
Arnaud Montebourg (secrétaire national du PS à la modernisation), Delphine Batho (députée) et Olivier Ferrand
(président de Terra Nova) reviennent d’un séminaire sur la campagne
présidentielle US, organisé à Washington par les équipes Obama pour la
gauche européenne.
La rencontre sera introduite par Dominique Bertinotti, maire du IVe arrondissement.
ENTRÉE LIBRE
Comment s'y rendre ?
Mairie du IVe arrondissement de Paris
2 place Baudoyer - 75004 Paris
Metro Saint Paul (ligne 1) ou Hôtel de Ville (lignes 1 ou 11)
30 mars 2009
Essai : Obama, Lula, Forum social, dix leçons convergentes par Ségolène Royal
La crise globale qui ébranle la planète, disqualifie les dogmes de la révolution néo-conservatrice. Elle doit hâter l'avènement d'un nouveau paradigme.
Quels domaines vitaux doivent être soustraits aux diktats exclusifs du profit à courte vue ? Quel rôle pour une puissance publique assumant la plénitude de ses responsabilités ? Comment conjuguer efficacité économique et justice sociale ? Comment prendre hardiment le tournant de la croissance verte ? Comment donner aux citoyens un pouvoir inédit de participation aux décisions et de contrôle de leur application ?
Ségolène Royal était à Washington pour l'investiture Barack Obama, puis au Forum Social Mondial de Belèm où elle a rencontré le Président Lula : d'une Amérique à l'autre, des pistes novatrices et des parti-pris volontaires dessinent d'autres possibles et ébauchent un modèle alternatif de développement.
Téléchargez l'essai : essai23
27 mars 2009
Earth Hour 2009 : Le 28 mars à 20h30, éteignons nos lumières !
Le WWF a décidé de lancer une mobilisation internationale avec un moment fort le 28 mars 2009
qui prévoit de toucher, dans plus de 1000 villes
, près d’un milliard de personnes
qui feront le geste symbolique d’éteindre leurs lumières
pendant une heure.
L’année 2009 est une année décisive pour notre planète. C’est en effet dans les douze prochains mois que se décideront les politiques mondiales de lutte contre le changement climatique pour les prochaines décennies. Le consensus scientifique du GIEC réuni à Paris en 2007 nous a rappelé l’urgence de la mise en place de politiques globales pour limiter à 2° le réchauffement climatique au cours du 21e siècle.
Le WWF a décidé de lancer une mobilisation internationale avec un moment fort le 28 mars 2009 qui prévoit de toucher, dans plus de 1000 villes, près d’un milliard de personnes qui feront le geste symbolique d’éteindre leurs lumières pendant une heure.
A ce jour, dans 62 pays dont la France, pas moins de 74 métropoles, dont Cape Town, Chicago, Copenhague, Dubaï, Hong-Kong, Istanbul, Las Vegas, Lisbonne, Londres, Los Angeles, Manille, Mexico, Moscou, Nashville, Oslo, Rome, San Francisco, Singapour, Sidney, Toronto et Varsovie, se sont déjà engagées à éteindre leurs lumières le samedi 28 mars 2009 de 20h30 à 21h30.
Le 28 mars offrons une heure pour la planète !
Participez en vous inscrivant sur le site : www.earthhour.fr
26 mars 2009
+12,5% de fréquentation pour les Restos du Cœur
Près de 800.000 personnes ont été secourues au cours de cette campagne hivernale, dont 90.000 personnes de plus que l'année précédente.

(Sipa)
La
fréquentation des Restos du Cœur, dont la campagne hivernale prend fin
vendredi, a augmenté cette année de 12,5%, soit 90.000 personnes
supplémentaires, annonce un communiqué de l'association, jeudi 26 mars.
Près de 800.000 personnes ont été secourues au cours de cette campagne
hivernale par les Restos du Cœur, dont 90.000 personnes de plus que
l'année précédente (+12,5%). Dans 17 départements ruraux ou
semi-ruraux, cette augmentation a même dépassé les 20%.
Pour faire face à cette demande supplémentaire, les Restos du Cœur ont
débloqué un budget complémentaire de cinq millions d'euros pour
réapprovisionner les 2.000 centres de distribution jusqu'à fin mars.
Près de 100 millions de repas ont été servis cet hiver, précise
l'association qui rappelle que les Restos restent ouverts toute l'année.
L'association se félicite de la hausse du don moyen, passant de 91
€ à 97. "Une générosité qui nous a permis de faire face mais pour
combien de temps encore ?", s'interrogent les Restos.
Premier débat "Poings de vue" : le duel Hollande - Copé
La Fondation Terra Nova, think tank progressiste et indépendant, organisait mercredi 25 mars à la Bellevilloise, une soirée-débat sur le thème : Face à la crise, le gouvernement prend -t-il les bonnes mesures ? Pour débattre de ce sujet, deux invités de poids : Jean-François Copé, député-maire de Meaux et président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale et François Hollande, Député - Président du Conseil général de Corrèze et ancien premier secrétaire du Parti Socialiste. Plus de deux cents participants étaient présents à ce débat dont Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes et Président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale.
Ce premier débat augure de soirées qui seront désormais mensuelles. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site www.tnova.fr .
Olivier Ferrand, de la fondation Terra Nova a introduit le débat et les débatteurs en leur livrant le résultat d'un mini-sondage réalisé auprès d'un panel de Français apr l'institut Opinion Way qui révèle que 64% des Français pensent que le plan de relance du gouvernement n'est pas la bonne solution. Il a également succintement présenté l'opinion de la Fondation à ce sujet. Vous pouvez télécharger la note rédigée à ce sujet : 099_efficacite . Trois idées fortes s'en dégagent : le volume du plan de relance est inssufisant ; sa composition est déséquilibrée car tout ou presque est axé sur l'investissement ; le tournant de la croissance verte est râté.
François Hollande prend à son tour la parole. Il estime que la crise est générale, profonde et qu'elle pourrait être durable. Les chiffres du chômage sont catastrophiques et pourraient conduire fin 2009 à 3,5 millions de demandeurs d'emploi, soit 1 million de personnes en plus touchées cette année. Biensûr, la France n'est pas la seule a être touchée. Cependant, il pense qu'elle a été sous-estimée. L'arrivée de Sarkozy en mai 2007, prémices de la crise dès août 2007 mais application du programme du candidat qui s'appuie sur la croissance sans prendre en compte les effets de la crise des Subprimes aux USA.
Finalement, pas de plan de relance prévu mais des réformes. Puis aggravation de la crise en août 2008 et là mise en branle d'un plan de relance qui ne produit pas encore d'effets et qui provoque la contestation dans la rue. François Hollande souligne qu'il y a une fatalité historique qui conduit la France a toujours entré plus tardivement dans les crises, comme ce fut déjà le cas en 1929. Cependant toutes les conditions sont réunies pour que nous y restions plus longtemps.
A propos du plan de relance du gouvernement ses critiques et celles des socialistes sont les suivantes :
- Un plan trop modeste qui ne représente que 1,5% du PIB quant en Allemagne on est à 2%. Il aura un faible impact sur la croissance, environ 0,2 point de croissance alors qu'une récession de près de 3% est annoncée. Il n'aura pas d'impact significatif face à la hausse du chômage. Le PS aurait proposé un plan qui aurait avoisiné les 40 à 50 milliards d'euros au lieu des 26 milliards proposés. Cependant le niveau d'endettement du pays ne permettait pas de faire plus.
- Un plan déséquilibré : en effet 22 à 23 milliards sont destinés à l'investissement et le reste est pour la consommation qui est en chute au mois de février. La peur de la hausse des importations quand le déficit commercial est de 60 milliards d'euros l'a emporté. Déséquilibre car les investissements financés ne sont que dans le secteur public. Le PS aurait proposé une prime pour la relance de la consommation et une modération des impôts sur les bénéfices des entreprises qui les réinvestissent dans la production.
- Le paradoxe heures sup / chômage partiel : On exonère de cotisations sociales les heures suppléméntaires et paralèllement on augmente l'indemnisation du chômage partiel. Le PS propose une exonération des charges sur les nouvelles embauches.
En conclusion, François Hollande souligne que ce plan est inéquitable et que c'est la raison pour laquelle il ne va pas fonctionner. Bouclier fiscal, rémunérations indécentes, investissement sur la spéculation... une justice fiscale doit être rétablie. Le groupe socialiste déposera prochainement une proposition de loi contre les stocks-options et pour la fiscalisation des bonus. Par ailleurs, il reprend, comme le faisait justement remarqué Oliver Ferrand, une remarque sur la croissance verte qui représente 10% dans le plan de relance français quant elle est de 20% dans celui des USA. Il faut préparer la croissance de demain.
Jean-Francois Copé introduit son propos en disant que, pour lui, c'est un challenge que de participer à ce débat qui est récurrent entre socialistes et UMP. Pour lui, il s'agit d'une crise systémique qui touche tout le monde au même moment. Cette crise nécessitait une action rapide. Pour lui, le plan est bon et raisonnable. En effet, la configuration est différente entre les USA pour qui il était vital d'agir sur le crédit et sur la consommation et la France où tout a été misé sur l'emploi, car c'est l'emploi qui détermine le pouvoir d'achat et non l'inverse.
- La France connaît une situation stable grâce à son modèle social qui reverse 30% des prélèvements sociaux.
- Objectif : être pragmatique et faire le choix d'un investissement massif dans la commande publique, car dans ce cas précis l'intervention publique est indispensable.
- Tenir : 28 milliards d'euros sont investis et il va falloir du temps pour en mesurer les effets, par conséquent, l'aptitude au commandement est de tenir malgré les manifestations.
Pour conclure, il précise que dès maintenant il faut envisager l'après crise. Fin 2009, le déficit public de la France dépassera les 100 milliards d'euros. Il va falloir anticiper la suite. Trois solutions sont envisageables pour réduire la dette mais une seule est possible : l'hyper inflation; la hausse des impôts; la baisse des dépenses publiques inutiles et aller chercher la croissance.
Pour conclure, je vais vous livrer mon opinion personnelle sur ce débat. Tout d'abord, il était de grande qualité et l'organisation était très bien faite. Bravo à Terra Nova pour cette initiative. Il a montré à ceux qui en doutait encore que la Gauche et la Droite ce n'est pas la même chose. Que si des convergences peuvent se faire sur l'analyse de la situation, les réponses à y apporter sont diamétralement opposées. De plus, ce que Jean-François Copé a omis de rappeler c'est que les objectifs du Président de la République étaient au départ de casser le système social et l'investissement public qu'il loue aujourd'hui et qui empêche notre pays d'être au bord du chaos. Il oublie aussi facilement de dire que Sarkozy souhaitait introduire les subprimes en France pour développer le nombre de propriétaires. Alors, mon opinion n'a pas changé au cours de ce débat. Je reste persuadée que le gouvernement n'a pas pris la mesure de l'ampleur de la crise et que ses réponses sont très insuffisantes.
25 mars 2009
Comme en 1930, une course de vitesse est engagée contre la crise, par Pierre Larrouturou
Nous sommes en 1930. La crise a éclaté
quelques mois plus tôt. Partout le chômage augmente mais rien
d'irréversible ne s'est encore produit. Nulle part la crise sociale n'a
encore débouché sur la barbarie. En 1930, dans son premier livre, Contribution aux Etats-Unis d'Europe, Pierre Mendès France écrit que, pour éviter le chaos, "une course de vitesse est engagée", et pour gagner cette course de vitesse, Mendès France
affirme qu'il faut créer une monnaie unique européenne dotée d'une
vraie gestion politique et investir sur le plan social les marges de manœuvre créées par cette monnaie unique.
Monnaie unique. Gouvernement politique. Projet social. En 1930, un sursaut européen est possible car l'Allemagne est un pays démocratique. Hélas, Mendès n'est pas écouté et, trois ans plus tard, après l'arrivée au pouvoir de Hitler, plus personne ne propose un sursaut européen... En 1930, il était possible d'agir. Trois ans plus tard, il est trop tard.
Aujourd'hui, nous sommes en 1930. La bulle a éclaté. Partout la courbe du chômage s'affole. Nul ne peut plus nier l'extrême gravité de la crise, mais rien d'irréversible ne s'est encore produit. Comme en 1930, la cause profonde de la crise est avant tout sociale : dans tous les pays occidentaux, depuis le début des années 1980, chômage et précarité ont provoqué des déséquilibres sans précédent.
En vingt-cinq ans, en Europe et au Japon, la part des salaires dans le PIB a diminué de 11 %. Aux Etats-Unis, seuls les 5 % des personnes les plus riches ont vu leurs revenus augmenter depuis dix ans. Les autres ont vu leurs revenus stagner ou diminuer. Si la consommation a continué d'augmenter, c'est uniquement parce que l'on a poussé les classes moyennes et les pauvres à s'endetter. A s'endetter de façon insoutenable.
Comme en 1930, une course de vitesse est engagée. Pour trois raisons au moins. Premièrement, la situation sociale en Chine est totalement instable. Tous ceux qui ricanaient, en 2003, quand nous nous inquiétions du niveau de la dette privée aux Etats-Unis, ricanaient aussi quand nous soulignions la fragilité de la croissance chinoise. "Il n'y a aucun risque de récession aux Etats-Unis, affirmaient-ils. Et même si les Etats-Unis ralentissent, la Chine prendra le relais."
Le 2 février, le gouvernement chinois a annoncé que 20 millions de travailleurs migrants ont déjà perdu leur emploi à cause de la crise. En quelques mois seulement, 20 millions de nouveaux chômeurs ! En huit ans, la Chine a doublé son budget militaire et le 3 mars, le gouvernement a encore annoncé une augmentation de 15% ! Si la situation se dégrade trop fortement, nul ne peut être certain que ce qui s'est passé en Allemagne entre 1933 et 1945 ne va pas se jouer à nouveau en Chine dans les vingt ans qui viennent, avec Taïwan ou le Tibet dans le rôle de l'Alsace-Lorraine.
Une course de vitesse est engagée aussi en Europe. Des milliers de jeunes étaient dans la rue à Athènes en novembre 2008 pour crier leur ras-le-bol du chômage et des petits boulots. En France, les émeutes de Guadeloupe rappellent celles de 2005 et expriment la même attente de dignité et de justice sociale. En Espagne, beaucoup s'inquiètent d'une possible explosion sociale si, comme l'annonce la Commission européenne, le chômage atteint en 2010 19 % de la population...
Tous nos pays sont dans une situation de tension extrême. Et nul ne sait ce que peut donner le ras-le-bol des classes moyennes, des précaires et des pauvres si nos élites sont incapables de construire très vite et de mettre en oeuvre une stratégie de sortie de crise.
Une course de vitesse est engagée pour une troisième raison : il ne faudrait pas que la gravité de la crise sociale nous fasse oublier la gravité de la crise climatique et de la crise alimentaire, que les milliards que l'on donne aux banques soient retirés des plans de lutte contre le dérèglement climatique ou de l'aide au développement.
Au bout de trente ans de fuite en avant, nous n'avons plus droit à l'erreur. Nous avons encore quelques marges de manoeuvre mais elles sont limitées. Que voulons-nous en faire ? Voulons-nous "relancer" un système à bout de souffle, socialement injuste et écologiquement intenable, ou voulons-nous utiliser ce qui nous reste de marges de manoeuvre pour construire une nouvelle société, plus juste et plus durable ? Il faut choisir.
Comme en 1930, nous sommes dans un moment où l'Histoire hésite. Ce moment où nul ne peut plus contester l'extrême gravité de la crise mais où rien d'irréversible ne s'est encore produit. Et comme en 1930, une partie des solutions est à construire au niveau européen.
J'étais à Madrid, le 1er et le 2 décembre 2008, au Congrès des socialistes européens. Tous, nous étions très émus de voir des femmes et des hommes venus des vingt-sept pays d'Europe se lever les uns après les autres pour soutenir le Manifesto Poul Rasmussen, le président du Parti socialiste européen. C'était une première dans l'histoire de l'Europe. rédigé sous la houlette de
Mais il faut aller plus loin. Plus vite. Tous ceux qui ont pris la parole à Madrid l'ont dit : l'adoption du Manifesto n'est qu'un premier pas. Il faut être plus ambitieux et plus concrets si l'on veut gagner la "course de vitesse". Voilà pourquoi, il y a quelques semaines, lors d'un face-à-face organisé à Bruxelles avec Poul Rasmussen, je lui ai proposé que les socialistes européens prennent une initiative historique.
A Bretton Woods, en 1944, on a réuni économistes et dirigeants politiques pendant trois semaines. Trois semaines pour inventer les règles du jeu qui ont permis trente ans de stabilité et de prospérité. De même, j'ai proposé à Poul Rasmussen d'inviter les socialistes et les syndicats des pays d'Europe à se retrouver pendant trois semaines pour approfondir le Manifesto.
Trois semaines de travail pour éviter que la crise échappe à notre contrôle. Trois semaines pour apporter des solutions concrètes à la crise financière et, surtout, construire un nouveau pacte social. Est-ce trop demander ?
Nous devons nous laisser bousculer par la crise. Nous ne pouvons pas attendre que le système s'écroule pour nous donner les moyens (et donc le temps) de nous mettre sérieusement au travail.
Je renouvelle aujourd'hui mon appel : si nous voulons gagner la course de vitesse, si nous voulons gagner les élections européennes pour être en situation de négocier avec les Etats-Unis et la Chine un nouvel équilibre mondial, il est urgent de réunir les socialistes des vingt-sept pays pour muscler notre Manifesto. Poul, Martine, Jose-Luis, Elio et Frank-Walter qu'en pensez-vous ?
Pierre Larrouturou est économiste et ancien délégué national Europe du PS. Il publiera en avril "Crise : la solution interdite" chez Desclée de Brouwer. Ceux qui souhaitent soutenir cet appel peuvent le faire sur www.nouvellegauche.fr.
Communiqué du Parti Socialiste
« Sauvons le Palais de la découverte »
Depuis plusieurs mois, l'avenir du Palais de la découverte est
en suspens. Cette institution majeure de la culture scientifique et
technique fait en effet les frais d'une obstination gouvernementale à
la fusionner avec la Cité des Sciences et de l'Industrie.
Ce processus conduira inévitablement à sa fragilisation
voire sa disparition.
Il y a quelques mois, ce projet avait été arrêté
grâce à l'action des personnels de l'établissement
et du très fort soutien des scientifiques. Aujourd'hui, le
gouvernement revient à la charge, avec l'annonce par le
Ministère de la Culture d'un décret organisant cette
fusion, très contestée.
Pour le Parti socialiste, le développement de la citoyenneté
repose sur l'éducation en général ; dans notre
société où la science joue un rôle majeur,
les lieux comme le Palais de la découverte participent de
cette éducation sous une forme originale et nécessaire,
en faisant découvrir, aux jeunes et moins jeunes, la science
de manière très pédagogique et didactique. Le
projet du gouvernement va à rebours de l'histoire, car il
convient de développer ce type d'établissement au lieu
de les faire disparaître.
Le Parti socialiste apporte son soutien aux personnels du Palais de
la découverte, et s'associe à tous ceux qui contestent
son affaiblissement. Avec ses élus locaux, il prendra part aux
différentes initiatives permettant de trouver une solution de
sortie de crise.
Bertrand Monthubert, mathématicien et secrétaire
national à l'enseignement supérieur et à la
recherche, a participé ce mardi 24 mars, à la soirée «Sauvons
le Palais de la Découverte», en faisant un exposé
de mathématiques.
24 mars 2009
François Hollande dans le Parisien du 21 mars
"Le pouvoir ne prend pas la mesure de la crise"
Le gouvernement a-t-il des raisons de craindre un «mai 2009»?
François Hollande, député de Corrèze, ancien patron du PS : Hélas, il
donne le sentiment de ne rien craindre du tout. Ni la colère et
l'exaspération exprimées dans les manifestations. Ni les prévisions de
l’INSEE qui annoncent l'aggravation de la récession et du chômage pour l’année 2009. Là où les Français attendent de la rapidité, de la
réactivité, du pragmatisme, ils font face à de la rigidité, de
l'inertie et du dogmatisme. Tomber dans le chantage à la rue serait la
pire des attitudes pour l'opposition. Mais Nicolas Sarkozy doit ouvrir
les yeux et ne pas faire comme l’autruche qui, pour ne pas être
effrayée, met la tête dans le sable.
Faut-il une troisième journée d'action, après celles du 29
janvier et du 19 mars?
C’est aux organisations syndicales d’en décider. De toute façon le 1er
mai sera un grand rendez-vous social. Un rapport de force s'est
installé dans le pays. Le chef de l’Etat serait bien inspiré de
dialoguer et d'agir en remettant en cause son bouclier fiscal, en
suspendant la défiscalisation des heures supplémentaires, en octroyant
une prime de 500 euros aux 10 millions de Français les plus fragiles,
en soutenant les entreprises qui préservent l’emploi et en pénalisant
financièrement celles qui licencient alors qu’elles font des bénéfices.
Le pouvoir rétorque que son plan de relance va justement
produire
des effets à partir d'avril ...
Quel aveu ! Depuis la fin de l'été 2008, le gouvernement sait que
l'économie va entrer en récession. La première manifestation s'est
déroulée le 29 janvier. Le sommet social à l’Élysée quelques jours plus
tard et voilà que le Premier ministre nous dit que les annonces qui y
ont été faites ne seront mises en application qu’à la fin du mois
d’avril. Non seulement le pouvoir agit mal, mais toujours avec retard.
"Il faut voter une loi plafonnant les hautes rémunérations"
Peut-on, alors que les caisses sont vides, laisser filer la
dette?
Les marges de manœuvres sont en effet déjà consommées. Le déficit de
l’Etat dépasse les 100ME en 2009, il faut donc supprimer des avantages
fiscaux qui n'ont pas lieu d'être pour les réorienter vers
l'investissement des entreprises et la consommation des ménages. A quoi
ça sert de baisser la TVA à 5,5% quand les caisses sont vides ? A quoi
ça rime de supprimer la taxe professionnelle quand Nicolas Sarkozy
prétend qu’il n'a plus d’argent pour soutenir le pouvoir d'achat. Sa
politique n'est pas seulement injuste, elle est incompréhensible.
Mais le chef de l'Etat veut aussi interdire les rémunérations
excessives pour les chefs d'entreprises...
Depuis plusieurs mois, il brandit son martinet de manière inoffensive.
Le temps des recommandations et des menaces est terminé. Il faut faire
voter une loi qui plafonne les hautes rémunérations et qui interdise
pour un temps le versement de bonus et de stock-options. C'est ce
qu'ont fait les États-Unis. Le plus vite sera le mieux.
"Sarkozy casse-toi" fut le slogan vedette dans les cortèges du
19
mars. Le conflit va-t-il se focaliser sur la personnalité du chef de
l'État?
C'est un risque qu'il a lui même pris en voulant être responsable de
tout et en se substituant à chacun de ses ministres. Mais les français
ne sont pas dans un règlement de compte personnel. Ils veulent que la
politique de l’Etat change. La crise fait tout bouger et lui reste immobile. Quand le chômage et la précarité explosent, comment
comprendre que Nicolas Sarkozy s’accroche à son bouclier pour ne pas
faire contribuer à l’effort les plus riches ?
Les élections européennes de juin prochain ne risquent-t-elle
pas
d'être difficiles pour les partis de gouvernement comme l'UMP et le PS?
Pour l'UMP qui gouverne actuellement, j'en suis sûr. En ce qui concerne
le PS, qui a vocation à représenter l'alternance, cela dépend de lui.
Pour la gauche cette crise est un défi : elle ne peut pas être
seulement dans la contestation ou promettre l'impossible, elle est
aussi interpellée comme force de crédibilité.
Propos recueillis par Eric Hacquemand et Philippe Martinat
23 mars 2009
Colloque : moderniser la vie politique
COLLOQUE PUBLIC
MODERNISER LA VIE POLITIQUE
Innovations américaines, leçons pour la France
Le lundi 30 mars 2009 - 19h-21h
Crédit Municipal de Paris - Hôtel des ventes
Avec :
Bruno Jeanbart - Directeur des études d'OpinionWay,
Olivier Ferrand - Président de Terra Nova,
Camille Putois - Chef de cabinet de Ségolène Royal pendant la présidentielle
Pauline Peretz - Consultante Etats-Unis au Centre d’analyse et de prévision du ministère des affaires étrangères,
Benoît Thieulin - Co-fondateur de La Netscouade et architecte de Désirs d’avenir,
Nicolas Vanbremeersch/Versac - Blogger, fondateur de Spin Tank
Terra
Nova a organisé en décembre dernier une mission d'étude aux Etats-Unis,
pour analyser les innovations dont Barack Obama s'était servi pour
gagner la course à la présidence et pour en tirer des leçons en vue de
moderniser les campagnes françaises.
Organisation de primaires, allongement de l'entre-deux-tours, préférence du porte-à-porte au tractage, dynamisation et structuration des campagnes militantes, ... De nombreux enseignements en ont été tirés, et nous avons le plaisir de vous convier à ce colloque, qui sera l'occasion d'un échange autour de ces nouvelles propositions.
ENTREE LIBRE
Comment s'y rendre ?
Crédit Municipal, Hôtel des ventes
55, rue des Francs Bourgeois - 75004 Paris.
Métro Hôtel de ville
21 mars 2009
Donner une nouvelle direction à l’Europe
Voté à la quasi-unanimité par le Bureau national et le Conseil
national du 28 février, ce texte est le socle de départ du programme
des socialistes pour les élections européennes de juin prochain.
I - Nouveau monde, nouvelle Europe
Un besoin impérieux d’Europe
Rarement le besoin d’Europe n’a été aussi impérieux : les grands défis d’aujourd’hui -la crise économique et sociale, le dérèglement climatique, les dérives autoritaires des États, les conflits régionaux armés- ont tous des racines internationales et appellent des réponses internationales. Beaucoup peut et doit être fait au niveau des régions et des nations. Mais le niveau européen et mondial est décisif. Les socialistes sont des partisans résolus de la construction européenne. Parce qu’elle a garanti la paix, l’Etat de droit, la démocratie sur notre continent. Mais aussi parce que l’Europe est nécessaire à une grande politique de réformes économiques et sociales. Où en serions-nous si l’Europe n’avait pas, avec Mitterrand, Delors et Kohl donné une issue maîtrisée à la chute du Mur de Berlin dont nous fêtons le vingtième anniversaire ? Où en seraient l’Espagne, le Portugal, la Grèce, l’Irlande et tant de nos vieilles régions industrielles en reconversion si elles n’avaient pas massivement bénéficié des fonds structurels européens ? Où en serions-nous aujourd’hui si nous n’avions pas créé l’euro en 2000 ? Si 27 monnaies nationales s’affrontaient en permanence à coup de “dévaluations compétitives” ?
Une période de doute
Mais ne nous le cachons pas, les Français traversent, et depuis longtemps, une période de doute vis-à-vis de l’Europe. Les avancées significatives, celles réalisées sur le terrain de la citoyenneté européenne, sur les échanges culturels, ne peuvent plus masquer les renoncements opérés sous la présidence Barroso, qui a vu les institutions européennes être gagnées par les idées du libéralisme économique. Même les plus europhiles d’entre eux peinent à retrouver, dans le cheminement actuel de la commission ou dans les pratiques des gouvernements de droite, les promesses de la fondation européenne, ses valeurs. Ce désenchantement, et parfois cette défiance, se mesurent dans l’abstention, les sondages, les résultats aux récents référendums. On ne peut combattre cet état d’esprit que par une réorientation de la construction européenne, ce que les socialistes appellent de leurs vœux depuis maintenant une décennie.
La crise d’un système
Nous faisons aujourd’hui face à un tournant. L’effondrement actuel
de l’idéologie et des politiques néolibérales, le changement complet de
contexte historique, nous permettent de renouer avec l’ambition des
fondateurs : celle d’une Europe politique, porteuse non seulement d’un
modèle social, mais aussi d’un idéal de civilisation.
La crise d’une exceptionnelle gravité qui nous frappe n’est pas une
catastrophe naturelle. C’est la crise d’un système économique et social
-le capitalisme financier néolibéral- qui s’est imposé peu à peu, après
la victoire de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan, au début des
années 1980.
Trente ans de déréglementation, dérégulation, libéralisation,
privatisation des services publics ont abouti à l’avènement d’une
économie de l’endettement et de la spéculation, de plus en plus
inégalitaire et vulnérable. C’est ce capitalisme mondialisé et dominé
par la finance qui débouche aujourd’hui sur la crise économique la
plus grave que le monde ait connue depuis 1929.
Les partisans du libre-échange sans régles, du laisser-faire et de la toute puissance de la finance ont vu s’effondrer sous leurs yeux un système de compression des salaires et de spéculation mettant en danger non seulement les économies nationales de nombreux pays, mais également des millions de vies, car la crise financière a débouché sur la crise économique, elle-même prélude à de graves crises sociales et politiques.
L’année 2009 ouvre une nouvelle phase des relations internationales et peut-être de l’Histoire. Elle est, au-delà de la crise du système économique libéral, caractérisée par la défaite des néoconservateurs américains et l’avènement d’une nouvelle administration aux États-Unis, plus éthique, plus multilatéraliste, plus coopérative avec l’Europe et plus interventionniste dans l’économie.
Le XXIe siècle doit être celui d’un monde multipolaire, plus juste, plus respectueux de notre environnement et des droits sociaux. Et c’est d’abord à l’échelle européenne que nous pouvons y œuvrer.
Pour une nouvelle Europe sociale, verte et prospère
L’Union européenne doit agir pour endiguer la crise, retrouver le
chemin d’une croissance forte, durable et riche en emplois. C’est
l’urgence. Mais elle doit aussi agir pour réformer en profondeur
l’économie mondiale afin que pareil désastre ne se reproduise plus.
L’Europe doit défendre et approfondir sa démocratie - État de droit et
démocratie politique bien sûr - , mais aussi démocratie économique et
sociale qui est son bien le plus précieux et sa principale force
motrice. Elle doit se rapprocher des citoyens.
Elle doit renforcer le dialogue et la coopération entre les peuples,
pour s’opposer à la loi du plus fort et au “choc des civilisations”.
L’Europe sociale et fiscale ne saurait être un supplément d’âme. Elle
est la condition sine qua non de la poursuite du projet européen par le
refus clair du dumping.
Mais pour réorienter l’Europe, il faut d’abord envoyer au Parlement de Strasbourg une majorité de députés de gauche.
II - Le bilan accablant de la droite
Car ce n’est pas des rangs la droite européenne qui a largement dominé pendant la dernière législature la Commission, le Conseil et le Parlement – 60% des bancs du Parlement sont occupés par des députés conservateurs libéraux et populistes que naîtra cette nouvelle Europe. Son bilan est accablant !
La droite n’a pas vu venir la crise
Aveuglée par son idéologie libérale, dévouée avant tout à la défense des intérêts de ses clientèles, la droite n’a pas vu venir la crise. Elle la croit encore conjoncturelle. Elle a tourné en dérision les mises en garde répétées des socialistes et rejeté leurs propositions. Elle a affaibli l’économie européenne en soutenant un Euro surévalué; en refusant de promouvoir une politique industrielle de champions européens; en baissant la garde face au dumping fiscal, social, monétaire, environnemental. Il faut se méfier des pyromanes d’hier, qui voudraient endosser aujourd’hui le costume de pompiers.
Des pompiers pyromanes
Dénonçons cette imposture par des faits. Au Parlement européen, les députés de l’UMP ont soutenu la directive Bolkestein, ont voté la “clause dérogatoire” sur la durée du travail qui permet d’étendre la semaine de travail jusqu’à 65 heures! Ils ont voté les directives déréglementant les services publics, et en dernier lieu, celui de la Poste. Ils ont approuvé les perspectives financières 2007-2013, qui nous valent en 2008 un budget européen réduit à moins de 1% de la richesse produite en Europe (le budget fédéral américain étant à 15% de celle produite aux États-Unis). Ils ont voté la “Directive de la Honte”, permettant de maintenir les immigrés pendant 18 mois dans les centres de rétention, et ont même osé s’opposer, aux côtés du FN, à l’amendement socialiste obligeant les Etats membres à prendre avant tout en compte, dans chaque décision, l’intérêt supérieur des mineurs.
Quand il a fallu défendre les services publics dans la directive "services", Les députés du Modem, membres du groupe libéral, alliés au
PPE, s’y sont opposés. Ils ont voté contre la “taxe éthique” pénalisant
les marchandises produites par le travail forcé des enfants et des
détenus.
Certes, oubliant brusquement ses odes au libéralisme économique et au
prétendu "marché providence", la droite s’est portée au secours des
banques et de certaines industries, avec l’argent des contribuables.
Mais ses plans de relance sont insuffisants : 200 milliards d’euros
dont 170 proviennent des plans nationaux des 27 États membres.
Alors que l’administration Obama injecte près de 800 milliards de
dollars dans l’économie américaine. Ils sont aussi injustes : il y
manque le volet social sans lequel ils se trouvent déséquilibrés et
dénués d’efficacité.
Donner à l’Europe le droit à l’alternance
Voilà le bilan de la droite. Et il faudrait que les mêmes restent aux commandes ? Que l’Europe continue avec le Président Barroso ? Un homme de droite dont le libéralisme économique, le conservatisme et l’atlantisme ne sont plus à prouver. Ne fut-il pas l’artisan de la Conférence des Açores, regroupant les Européens favorables à l’intervention de Bush en Irak ? Eh bien non ! Une nouvelle époque commence avec de nouvelles exigences.
Il faut donner un autre souffle à notre Union. Le nouveau cours mondial et la crise économique rendent caduc le compromis historique avec la droite dans la construction européenne. L’Europe a l’opportunité d’atteindre une nouvelle maturité démocratique. Elle le doit. Le suffrage universel, obtenu depuis 1979, ne suffit pas si les données du débat ne sont pas clairement établies. C’est aussi de cette façon que l’on rapprochera l’Europe des citoyens.
III - Le Manifeste des socialistes en faveur d’un autre modèle de développement
S’il n’y a rien à attendre de la droite, l’espoir, à gauche, est là.
Alors que les partis de droite européens sont incapables de s’entendre
sur une réponse cohérente à la crise, l’ensemble des partis du PSE se
sont dotés d’un ambitieux programme pour bâtir une autre Europe : le
Manifeste “Les citoyens d’abord, un nouveau sens pour l’Europe” adopté
par le PSE le 1er décembre 2008 à Madrid.
Les socialistes et sociaux démocrates européens s’y engagent ensemble
de manière forte à relancer et à réorienter l’Union européenne dans le
sens d’une Europe volontaire, sociale, écologique, démocratique et
mieux intégrée. Une Nouvelle Europe qui protège ses citoyens, prépare
l’avenir, travaille à une meilleure organisation et à une meilleure
gouvernance du monde.
Pour un ambitieux plan de relance européen
Pour sortir de la crise, les socialistes proposent un vrai plan de
relance de l’activité, à l’échelle continentale, en agissant à la fois
sur l’investissement mais aussi la consommation. La demande intérieure
constitue le principal moteur de la croissance en Europe. Il ne s’agit
pas seulement de mieux coordonner les plans nationaux, de veiller à ce
qu’ils soient plus “coopératifs”, mais de les intégrer dans une action
d’ensemble pour faire jouer le levier européen.
Avec tous les socialistes de notre continent, nous proposons de mettre
en œuvre les grands travaux d’équipement collectif et d’infrastructures
transeuropéens -fret ferroviaire, TGV, transport fluvial et maritime,
réseaux Internet à haut débit-, financés par des emprunts publics levés
par la Banque Européenne d’Investissement.
Cette stratégie de relance est aussi l’occasion de développer
“l’économie verte”, en investissant massivement dans les nouvelles
sources d’énergie et dans les économies d’énergie -l’isolation
thermique des logements et la mise aux normes de haute qualité
environnementale, notamment, afin de soutenir les PME du bâtiment.
Il faudra aussi augmenter substantiellement notre effort de recherche,
d’innovation, d’éducation initiale et tout au long de la vie, afin de
valoriser pleinement le travail et la rémunération des Européens pour
renforcer notre appareil productif dans les industries de pointe et les
services à haute valeur ajoutée, valoriser pleinement la «matière
grise».
Et, encore, promouvoir des politiques industrielles, commerciales,
monétaires communes afin de défendre et de renforcer le poids de
l’économie européenne dans le monde. L’Union européenne doit revisiter
la stratégie de Lisbonne et considérer désormais que la protection et
le développement de ses industries traditionnelles doivent figurer
parmi ses priorités au même titre que l’investissement dans l’économie
verte, les industries de pointe et les services à haute valeur ajoutée.
Nous voulons conserver et développer une base industrielle complète,
condition essentielle à la lutte contre les délocalisations et au
retour dans les meilleurs délais au plein emploi en Europe.
Il s’agit de gagner la bataille pour un nouveau modèle de
développement, une nouvelle donne sociale, écologique et continentale.
Cette relance par l’investissement, dans chaque État membre et au
niveau de l’Union européenne, permettra de créer 10 millions d’emplois
supplémentaires à l’horizon de 2020, dont 2 millions dans le seul
secteur des énergies renouvelables.
Pour un Pacte Européen du progrès social
Le débat n’est pas tant de savoir si nous serions des partisans ou des adversaires du protectionnisme mais bien de déterminer quels intérêts nous souhaitons protéger. A l’opposé de la droite et des libéraux qui favorisent la finance et la rente, nous souhaitons favoriser la production, l’investissement et un nouveau partage des richesses plus favorable au travail.
Avec tous les socialistes européens, nous proposons un “Pacte européen du Progrès social” afin d’assurer à tous -retraités, demandeurs d’emplois, salariés peu qualifiés- un revenu décent et une protection sociale. Des salaires minimaux dans tous les États membres, qui pour nous devraient atteindre 60% du salaire médian de chacun des pays, étape vers un salaire minimum européen ; une directive garantissant l’intégrité des services publics ; l’augmentation de l’effort d’Education ; l’amélioration de la législation européenne garantissant les droits des salariés (conventions collectives, durée du travail, détachement des travailleurs, statut des jeunes stagiaires,…).
Toutes ces mesures devront s’accompagner d’un ensemble de réformes
structurelles. Avec tous les socialistes de notre continent, nous
proposons de réformer en profondeur le système financier international
pour mettre les marchés financiers au service de l’économie réelle, de
l’emploi et de la croissance. De mettre fin aux paradis fiscaux ainsi
qu’à l’évasion fiscale; de faire de l’Europe le leader mondial de la
lutte contre le changement climatique et pour la défense de
l’environnement. De garantir aussi la qualité et la sécurité
alimentaire, par une nouvelle PAC, ainsi que par la politique commune
de la pêche; d’assurer l’égalité hommes-femmes, dans la rémunération et
la progression professionnelle; de maîtriser dans le respect de nos
valeurs le flux migratoire et l’accueil des immigrés; de promouvoir
enfin la coopération - et non le choc des civilisations.
Pour cela, nous nous engageons à réformer et démocratiser les
institutions internationales multilatérales, en partenariat avec la
nouvelle administration démocrate américaine.
Les socialistes français compléteront et préciseront cette Plateforme commune par des propositions qui leur tiennent à cœur et qui sont partagées par de nombreux partis du PSE en Europe :
- L’augmentation du budget de l’Union, avec des ressources propres, pour donner leur pleine efficacité aux politiques de solidarité et de préparation de l’avenir.
- La reconnaissance pour l’UE du droit de lever des emprunts pour financer ses investissements lourds à long terme.
- L’harmonisation des fiscalités, à commencer par celles des entreprises pour lutter contre le dumping fiscal et le dumping social, condition nécessaire à l’arrêt des délocalisations abusives à l’intérieur de l’Union Européenne.
- la définition d’une politique de juste échange, par une politique commerciale européenne ajustée pour permettre à la fois à nos industries les plus exposées de préserver leurs emplois en se modernisant, aux pays les moins avancés de continuer à se développer, et aux normes internationales du travail et de l’environnement de s’appliquer dans les processus de production.
- La coordination des politiques économiques rendue encore plus nécessaire par la faiblesse du dollar, du yuan et du yen et la refonte encore insuffisante du pacte de stabilité.
- Une Europe forte avec une vraie défense européenne et non cette subordination au commandement intégré de l’OTAN que Nicolas Sarkozy impose à la France.
Sur toutes ces questions, les socialistes français continueront leur
combat avec énergie, mais lucides, ils porteront une attention toute
particulière à de nouvelles stratégies de mise en œuvre, encore
sous-utilisées dans l’Union.
Ainsi, si les négociations en faveur de mesures que nous défendons,
achoppaient sur le veto de quelques Etats, nous soutiendrions
l’engagement de “coopérations renforcées”. Ces “noyaux durs” offrent un
cadre à des Etats pionniers soucieux d’aller plus loin et plus vite
dans la construction européenne; quitte à être rejoints par la suite
par d’autres, comme ce fut le cas pour l’euro.
C’est possible en matière de recherche, d’énergie, de transports
propres, de télécommunications, de bio et de nanotechnologies, mais
aussi de Défense. C’est enfin et surtout possible en matière
d’harmonisation fiscale ou sociale.
Sur ce dernier point, nous pensons également que nous gagnerions à
renforcer l’institutionnalisation d’un véritable dialogue social
européen, en tant que mode alternatif de prise de décision à même de
redonner de l’élan à l’Europe sociale.
Le projet d’une Europe politique doit toujours être celui des socialistes. La réalité de la capacité économique et sociale de l’Union Européenne se mesure à sa réalité politique. Les normes libérales imposées à l’Europe sur le Pacte de Stabilité ou sur les restrictions des aides d’Etat n’ont pas tenu face à la profondeur de la crise ! Les querelles institutionnelles ne sont plus de saison car l’ordre du jour de la nouvelle mandature est économique et social. Le traité de Lisbonne est une donnée, mais ne saurait borner l’ambition des socialistes pour l’Europe. L’effondrement du libéralisme financier a réduit la controverse entre socialistes européens sur les rôles respectifs du marché et de la puissance publique dans l’économie.
Les convergences nouvelles codifiées par le Manifeste pour une Europe forte et sociale constituent un tournant. Il y a aujourd’hui la possibilité de donner sa place à la politique au cœur de l’Europe et d’assumer jusqu’au bout le clivage avec la droite en faisant échec à une candidature Barroso, et, nous le souhaitons, en ayant un candidat commun issu du PSE pour la Présidence de la Commission capable d’entraîner toute la gauche et d’incarner le nouveau cours qu’il faut à l’Europe.
IV - Avec le vote socialiste, les européens peuvent changer l’Europe
Pour regagner la confiance des peuples et redonner force au projet européen, nous voulons édifier une Europe nouvelle, la première démocratie économique et sociale du monde, creuset d’une nouvelle communauté politique et levier d’une autre mondialisation. Une Europe forte, une Europe des résultats, qui met en œuvre des politiques communes ambitieuses. Il faut aussi convaincre que le repli national comme le libre-échange sans règles, sont tous deux des impasses et non des solutions à nos maux. La protection et la promotion de nos concitoyens doivent aller de pair.
Aux élections de juin, les peuples d’Europe voudront sanctionner les
majorités sortantes de droite, considérées à juste titre comme
responsables de la crise.
Nous les appelons à le faire, non pas en votant pour ceux qui veulent
seulement protester, témoigner. Mais pour les opposants déterminés, les
socialistes européens, ceux qui se seront montrés capables de leur
proposer une réponse crédible, portée par une majorité politique
nouvelle, pour sortir de la crise. De les mobiliser aussi pour une
réforme radicale de notre société.
Avec ses 220 députés, actifs dans chacun des 27 États de l’Union, armé de son Manifeste authentiquement progressiste, le PSE est la grande force d’alternance qui peut changer le cours de notre Union et être ainsi au rendez-vous de l’Histoire.
Changer l’Europe, c’est nécessaire, battre la droite, c’est faisable, donner un nouveau sens à l’Europe avec la gauche européenne, c’est possible.




