Marie-Pierre RAMOS

L'actualité politique, culturelle, sportive, environnementale, associative, du Blanc-Mesnil et d'ailleurs

24 novembre 2008

Les militants du PS, choqués, ne voient pas d'issue à la crise

Amers, désabusés et sans illusion sur la capacité de leurs leaders nationaux à trouver une issue à la crise : les militants socialistes sont sous le choc. Deux jours après l'élection contestée de Martine Aubry à la tête du PS, ils assistent, impuissants, à la bataille de légitimité que se livrent les deux camps. Qu'ils aient fait campagne pour l'une ou l'autre candidate, leur état d'esprit est le même. Un sentiment de ras-le-bol, de colère, de gâchis, l'impression de ne compter, eux, les "soutiers de la base", que comme quantité négligeable face aux manoeuvres d'appareil.

Le climat dans les sections est "détestable", assurent-ils, en évoquant deux camps désormais "irréconciliables", un rassemblement "impossible", une incompréhension "totale" de l'opinion face à un PS "en bout de course". Quelle que soit la candidate finalement intronisée par le conseil national du mardi 25 novembre, tous craignent qu'elle se trouve dans l'incapacité de gouverner un parti désormais scindé en deux blocs. Certains militants n'excluent pas de "renvoyer leur carte". Tous sont sûrs que l'épisode baroque du scrutin du 21 novembre laissera des traces "catastrophiques sur le PS et sur la gauche", comme le redoute Véronique, 33 ans, militante d'Aubervilliers.

"Grande tristesse, grosse frustration", résume un autre militant de Seine-Saint-Denis, Nourredine, qui estime que les adhérents "sont pris en otage par l'appareil du parti". "On attendait que l'orientation soit enfin tranchée, poursuit Véronique. Au lieu de cela, on s'enlise." La jeune femme a navigué dans tous les courants : "J'ai voté Royal à la présidentielle, Delanoë pour les motions, Aubry pour le poste de premier secrétaire." Elle est "sceptique" sur l'issue du conflit, redoute une "scission" qu'elle croit "inévitable". "Quoi que décide le conseil national, estime-t-elle, le résultat sera contesté. Et même si Royal et Aubry trouvaient un accord politique, ce qui est plus qu'improbable, ça ne tiendrait pas. Ce sont deux femmes de pouvoir. Elles ne le partageront pas."

"Attristé et en colère", Sébastien, militant parisien, a voté pour Ségolène Royal. Il était prêt à "rendre carte", samedi soir, quand il a entendu la maire de Lille "se proclamer élue avec ses 40 voix d'avance". Il s'était rendu, la veille, au QG de Mme Royal "pour faire la fête". Il a senti le moment "où les scores s'inversaient", dit-il. Avec le recul du week-end, il se sent toujours grugé, mais des deux côtés. "Les pratiques sont les mêmes dans les deux camps, lâche-t-il, et si Ségolène était déclarée vainqueur, je serai tout aussi désabusé qu'aujourd'hui. Les apparatchiks des deux bords ont fait mentir les urnes, c'est lamentable. Il faut refaire les comptes, comme en Floride. Aubry a eu tort de s'autoproclamer élue mais Manuel Valls donne une image lamentable du parti quand il annonce des poursuites judiciaires."

Selon lui, l'issue est introuvable. Et la crise insoluble. Il attend de connaître la position de la candidate désignée vis-à-vis de sa rivale. Mais ne se fait pas d'illusion : "Je ne vois pas comment le parti peut continuer à fonctionner sans se rassembler. Mais je ne vois pas non plus comment des gens arrivés à ce niveau de détestation pourraient travailler ensemble." Adhérent depuis trois ans, il a cru dans "l'allant impulsé par Ségolène Royal pour l'ouverture du parti et des pratiques plus démocratiques". Mais quelque chose s'est cassé. "Militer, poursuit-il, ça ne va pas de soi, ça prend du temps. J'ai eu du mal à faire le pas. Maintenant, je me dis à quoi bon si les militants de base sont traités comme des pions."

Philippe, 28 ans, adhérent depuis 2005, partisan de Pierre Moscovici, électeur - "par défaut" - de Mme Aubry, dénonce lui aussi "une partie de poker menteur d'un côté comme de l'autre". Il en veut à ses dirigeants "d'avoir conduit le parti dans l'impasse". "Aujourd'hui, soupire-t-il, on ne peut pas s'adresser aux Français parce qu'on n'a rien à leur dire. Les gens se détournent ? Comment pourrait-il en être autrement ? Quand on discute avec des sympathisants, c'est terrible ce qu'on entend." Emmanuel, militant de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), en a fait l'expérience, le matin même, sur son marché : "Les gens viennent nous voir mais ils ne se moquent plus des socialistes, ils ont pitié ! Ils sont malheureux pour nous, ils nous plaignent, ils nous quittent en nous disant : "Bon courage !"" Faut-il un nouveau vote ? Les avis sont partagés. "Pourquoi pas ?", estime Laurent, un militant parisien qui a "finalement" voté pour Mme Royal, "la seule qui peut encore secouer le cocotier". Il suggère la mise en place d'une direction provisoire "pour calmer le jeu". Emmanuel, de Noisy-le-Grand, est absolument contre un nouveau vote. Partisan de Mme Aubry, il en a "marre de la position de victime de Ségolène, soutenue par des fédérations championnes de la transparence ! On va revoter jusqu'à ce que Royal soit élue ? poursuit-il. Non, terminé. Les PV sont signés. Il faut en sortir. Je suis pour qu'on donne sa chance au coureur. On l'a donnée à Ségolène en 2007. On a bossé pour elle. Ça n'a pas marché. Alors passons à autre chose." Monique, militante du Nord, est plutôt favorable à l'organisation d'un nouveau scrutin. Elle a voté Aubry. Mais elle précise qu'elle ne s'est "jamais retrouvée dans le "Tout sauf Ségolène"". "Aubry, dit-elle, n'arrivera à rien si on en reste là. Et elle n'acceptera jamais de bosser avec Ségolène. Faudrait revoter mais que quelqu'un d'autre se présente. Je ne sais plus qui, au PS, a parlé de chercher un Pierre Mauroy qui n'aurait pas 80 ans..."

Christine Garin

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Analyse : Schisme électoral au Parti socialiste, par Michel Noblecourt

Quarante-deux voix d'écart, sur un total de 134 784 suffrages exprimés, ont donc permis à Martine Aubry, samedi 22 novembre, au lendemain d'une nuit de folie, de préempter les conclusions de la "commission de récolement", qui devait se réunir lundi 24 novembre, en proclamant qu'elle serait "le premier secrétaire de tous les socialistes". Deux heures après, Ségolène Royal, s'exprimant sur TF1, contestait cette autoproclamation et lançait, bravache : "Je vais sans doute gagner demain." Selon le résultat "connu" mais non "validé" du scrutin, la maire de Lille a obtenu 50,02%, et l'ancienne candidate à l'élection présidentielle, 49,98%. Quasi-égalité, match nul.

Même si, au vu des contestations qui se multiplient, le résultat était inversé et Mme Royal, comme l'annonçaient plusieurs de ses partisans dimanche 23 novembre, portée avec le même écart à la direction du PS, l'effet serait le même. Aucune première secrétaire du PS ne peut gouverner le premier parti de l'opposition en étant privée de la moindre légitimité électorale. Au vu de la promptitude avec laquelle la maire de Lille s'est emparée de la "victoire" que lui annonçaient ses amis, et de la détermination du camp de la présidente de la région Poitou-Charentes, qui est bien décidée à ne pas s'incliner, le PS est confronté à un véritable schisme électoral. Au lendemain du désastreux congrès de Reims, qui a amplifié sa crise d'identité, voilà qu'il bâtit un invraisemblable scénario "à la floridienne" - où on a compté et recompté, en 2000, pour départager Al Gore et George Bush - qui ne fait qu'aggraver sa crise de leadership.

Lorsque, en 1995, Lionel Jospin a instauré l'élection du premier secrétaire au suffrage direct des militants, le deuxième tour était prévu en cas de ballottage pour l'élection de premiers fédéraux. La logique de ce système très présidentiel voulait que le candidat au poste de premier secrétaire soit issu de la motion majoritaire au congrès l'ayant précédé. Pour le "patron" national du PS, cette formalité rendait le second tour inimaginable. L'hypothèse se vérifia : seul François Hollande eut à affronter un adversaire et l'emporta au premier tour.

Le congrès de Reims a brisé la belle mécanique. Aucune majorité n'est sortie de la "ville aux mille sourires". Aucune synthèse n'a été trouvée. Quel qu'il soit, le successeur de M. Hollande se voyait promis à la cohabitation avec le conseil national, le parlement du PS. Et les militants ont imposé un deuxième tour, qui a eu lieu dans l'improvisation le lendemain - alors que, dans une élection législative, il y a une semaine d'écart -, sans même que les résultats du premier tour soient validés... Les deux candidates n'ont même pas pu faire campagne.

La suite de ce feuilleton mortifère pour le PS est encore plus baroque. C'est le conseil national qui, au vu des conclusions de la "commission de récolement" - qui ne fera sans doute qu'acter les désaccords entre les partisans de Mme Aubry et ceux de Mme Royal -, va choisir la première secrétaire. Toutes proportions gardées, c'est comme si, à l'issue du deuxième tour d'une présidentielle où il y aurait une stricte égalité, on demandait au Parlement de désigner le vainqueur ! Mme Royal étant minoritaire au sein du conseil national - avec 29,08% -, on peut imaginer que sa cause est perdue. Sauf que le "tout sauf Ségolène" qui faisait dire à ses artisans qu'il regroupait 70% des militants n'a pas fonctionné. Au premier tour, Mme Royal a eu 43%, et au second elle a frôlé - et peut-être dépassé - les 50%, empochant une bonne part des voix de Bertrand Delanoë et de jeunes électeurs de Benoît Hamon partisans de la rénovation.

UN RISQUE D'INGOUVERNABILITÉ

La logique politique voudrait donc que le conseil national - où Mme Aubry n'a que 24,32% - tienne compte de ces nouveaux rapports de forces dessinés par les militants dans les urnes. La dérive suicidaire dans laquelle le PS semble engagé ne fait pas de ce scénario le plus probable. Encouragée par les lieutenants de ses alliés, Claude Bartolone pour Laurent Fabius et Jean-Christophe Cambadélis pour Dominique Strauss-Kahn, qui font de sa "victoire" le signe de la réconciliation entre fabiusiens et strauss-kahniens..., Mme Aubry n'est pas prête à jeter l'éponge. Mais, en face, Mme Royal réclame un nouveau vote et envisage, si elle n'a pas gain de cause, de saisir le tribunal administratif...

Le schisme électoral n'annonce pas fatalement une scission du PS, mais il va rendre le parti ingouvernable. Si Mme Aubry est confirmée, elle n'aura pas de vraie légitimité et aura emporté une victoire à la Pyrrhus dont le coût politique risque de s'avérer très lourd. Pour la première fois, ce sera alors la dirigeante d'un courant minoritaire au conseil national qui sera la "patronne" des socialistes. C'est un peu comme si, après le congrès de Metz, qui, en 1979, avait vu s'affronter la "première gauche" de François Mitterrand et la "deuxième gauche" de Michel Rocard, ce dernier, à la tête d'une motion pourtant minoritaire, avait pris le contrôle du PS.

Autre difficulté pour la fille de Jacques Delors : elle est à la tête d'une coalition dont l'hétérogénéité, déjà forte à l'origine, n'a fait que se renforcer depuis Reims. Au départ, la maire de Lille était entourée - pour ne pas dire encerclée - par les fabiusiens, une poignée de strauss-kahniens et les partisans d'Arnaud Montebourg. Au lendemain de Reims, après avoir refusé toute alliance au congrès et l'avoir accusée de porter la responsabilité de son propre échec, M. Delanoë a jeté la rancune à la rivière et l'a rejointe. Le maire de Paris a apporté dans la corbeille de mariage M. Jospin et M. Rocard.

Si elle a été élue, Mme Aubry - qui n'a récupéré que 9 points sur les 25% de M. Delanoë -, c'est grâce au renfort des amis de M. Hamon, à savoir Henri Emmanuelli, Paul Quilès, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche. De Jospin à Montebourg, de Rocard à Emmanuelli, de Fabius à Delanoë, voilà une étrange coalition qui fait penser au congrès de Liévin, en novembre 1994. A la tête du PS, M. Emmanuelli avait alors fait adopter - à 92,15% ! - une ligne "à gauche toute"... tout en demandant à M. Delors de "faire son devoir" et d'être candidat à l'élection présidentielle.

Ce mariage des contraires, rassemblant des écuries qui se sont toujours combattues dans l'histoire du PS, n'était pas une assurance de bonne gouvernabilité. Avec une élection plus qu'étriquée, c'est une garantie d'ingouvernabilité. Sauf à réorganiser un troisième tour dans la transparence, le PS ne se sortira pas de cet inextricable schisme électoral. Plus qu'en 2005, lors des déchirements sur le référendum européen, rôde la menace d'implosion.


Courriel : noblecourt@lemonde.fr.

Michel Noblecourt (Editorialiste)

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Paroles de militants PS bis

Chers Camarades,

Nous avons élu il y a deux semaines un Conseil National à la proportionnelle du vote des motions. Toutes les motions s'accordaient à vouloir redonner au Conseil National son vrai rôle de parlement du Parti, lieu de débat et de décision.

Nous avons donc aujourd'hui la première opportunité de mettre nos actes en accord avec nos propositions: il n'y aura pas de vainqueur d'un compte et recompte du vote pour le Premier Secretaire. Nous savons tous qu'il sera toujours possible de trouver une section, du Nord ou des Bouches-du-Rhone, du Pas-de-Calais ou de l'Hérault, de Mayotte ou de la Réunion [pour opposer des departements très marqués pour l'une ou l'autre des candidates] où le respect de l'expression militante aura été faiblard. Nous le savons tous et tous nos responsables politiques tolèrent cette situation depuis toujours, car ces lieux où manquent la transparence profitent autant aux uns qu'aux autres.

La solution n'est donc pas dans un recompte pour savoir qui dépasse l'autre de 15 voix, mais bel et bien dans une décision politique du Conseil National qui doit trancher devant une situation d'égalité quasi-parfaite :
- soit le Conseil National décide de proclamer élue, après discusssion et vote, l'une des candidates et s'engage ainsi à lui fournir une majorité au Conseil National, et ce faisant peut exiger des mesures d'ouverture vers l'équipe de l'autre candidate.
- soit un accord/vote majoritaire sur un des deux noms paraît impossible, et il appartiendrait au Conseil National de choisir un(e) troisième personne, sur proposition des deux candidates si elles arrivent à s'accorder sur un nom, ou sans elles si elles ne peuvent pas y arriver.

Il y a urgence à quitter le terrain des tribunaux et à revenir sur celui du politique.

Amitiés Socialistes
Christophe Monier
(section de New York, trésorier fédéral sortant, élu au CF)


Chères et chers camarades,
Plusieurs informations relayées dans la presse depuis la nuit dernière laissent entendre que 19 voix auraient été retirées à Martine Aubry dans les résultats du vote de la Fédération des Français à l'Etranger, publiés dans le décompte final remis à la presse par le Parti Socialiste aux toutes premières heures du samedi 22 novembre. Je tiens à mettre ici les choses au point afin que personne n'utilise ces informations dans le contexte actuel de chaos pour instruire un quelconque procès contre notre Fédération.
Aux alentours de 0h30 samedi, alors que Danièle Seignot, notre camarade Sylvain Bruni (secrétaire de la section de Boston et élu au Conseil Fédéral) et moi-même étions depuis plusieurs heures déjà occupés à recueillir les PV et listes d'émargement des sections de la FFE, la Fédération a reçu un appel téléphonique pressant de la direction nationale du Parti Socialiste nous intimant l'ordre de lui communiquer nos résultats toute séance tenante. La tension était alors à son paroxysme à Solférino et au dehors. Nous avons expressément souligné que les résultats en notre possession à cette heure-là (390 voix pour Ségolène Royal, 317 pour Martine Aubry) n'étaient que provisoires, certaines sections votant toujours aux Amériques et d'autres n'ayant pas encore transmis leurs PV et listes d'émargement. Nous pensions que cette précision serait comprise et prise en compte.

Quelle n'a pourtant pas été notre surprise de voir apparaître dans le courant de la nuit nos résultats provisoires, obligeamment présentés comme définitifs, dans le document remis par la direction nationale du Parti Socialiste à la presse. Lorsque, à l'issue de la réunion de la commission fédérale de récolement hier vers 14h, Danièle et moi avons voulu communiquer les résultats finaux de la FFE (420 voix pour Ségolène Royal, 366 pour Martine Aubry) par le système ROSAM interne au Parti Socialiste, les résultats de 0h30 y figuraient déjà, insérés par la direction nationale, et ne pouvaient plus être modifiés. J'ai alors adressé immédiatement un courrier de protestation à Philippe Bonnefoy, Président de la Commission Nationale d'Organisation du Congrès.

La Fédération a diffusé les résultats globaux et par section du vote fédéral sur le forum et la liste infos-ffe dans le courant de l'après-midi. Ceux-ci ont été transmis dans la soirée par un/une (?)  camarade au site www.rue89.com. Un journaliste du site s'en est emparé et l'information qu'il s'est empressé de mettre en ligne a été reprise peu de temps après par les agences de presse et plusieurs autres médias. Ce matin, j'ai reçu de nombreux appels de journalistes. J'ai été interviewé sur France Inter vers 12h et interviendrait en direct sur LCI et TFI vers 18h ce soir. Sur France Inter, ce matin, j'ai donné l'explication détaillée plus haut, soucieux avant tout que la réputation de la Fédération ne souffre pas du chaos dans lequel se trouve plongé le Parti Socialiste depuis hier.

Notre Parti est au bord de l'abîme. Qui ne voit pas le drame politique, mais aussi le mauvais vaudeville, que ce blocage entraîne. Il s'agissait, paraît-il, de tenir un Congrès utile aux Français… La vérité est cruelle : le vainqueur du Congrès du Parti Socialiste n'est ni Martine Aubry, ni Ségolène Royal, mais Nicolas Sarkozy. Il est grand temps de faire preuve de responsabilité si nous voulons que le Parti Socialiste incarne encore, un temps soit peu, l'opposition à Nicolas Sarkozy et l'espérance pour demain. Que les vérifications nécessaires soient faites sur les votes prêtant à contestations consignées aux procès verbaux fédéraux, c'est bien normal et c'est même un devoir. Mais que les résultats soient proclamés après et que chacun les accepte, au-delà des préférences individuelles exprimées dans le vote de vendredi. Même si l'écart de voix est infime.

La Fédération des Français à l'Etranger a voté à trois reprises depuis le début du Congrès et ses résultats n'ont été contestés par personne dans les commissions fédérales de récolement successives qui, toutes, ont travaillé au consensus et bonne entente. Il ne saurait être question de lui faire porter le chapeau des errements de la direction nationale du Parti Socialiste dans la nuit du 21 au 22 novembre. C'est ma responsabilité de défendre notre Fédération et je l'assume pleinement. Je ne tolérerai pas un instant que sa réputation soit entachée. Peu m'importe qui gagne ou qui perd entre les résultats provisoires de 0h30 et les résultats définitifs de 14h le 22 novembre. Je suis le Premier Secrétaire de tous les socialistes français à l'étranger et je m'engage pour que chaque vote émis le 21 novembre soit comptabilisé dans le total final du PS. J'espère que, cette élection passée, le Parti saura enfin faire siennes la rigueur et la sérénité nécessaires à tout exercice démocratique dans une grande formation de gouvernement comme la nôtre.

Amitiés socialistes,
Pierre-Yves Le Borgn'
Premier Secrétaire Fédéral

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Paroles de militants PS

Jaurès, ici Jaurès, les militants parlent aux militants…

La "dégénérance" par la confusion, est l'aboutissement de pratiques appliquée pour le seul but des ambitions de quelques uns.
Nous militants avons trahi notre vocation à servir les français en manipulant pour quelques uns et en confondant pour le plus grand nombre, deux lois fondamentales qui légitiment notre parti pour être influent et discipliné.
Le débat d'idées et la discipline
La démocratie dans notre parti est faussée par le cancer des ego, de chacun d'entre nous, tous autant que nous sommes, et chacun à son niveau. A chacun SON idée, car la meilleure, à chacun son courant car le meilleur, à chacun son candidat car le meilleur.
Je ne pense pas que notre parti dans ces conditions soit capable et MERITE l'honneur de diriger la France.
Le grand perdant aujourd'hui est notre parti ainsi que l'espoir pour les français.
Je propose le débat militant au niveau national sur les affirmations suivantes, dès que nous reviendrons sur terre.
- Un secrétaire qui travaille pour l'organisation du parti est qui est inéligible à la présidentielle.
- Suppression, de tous les courants
- Démission de tous militant ne respectant pas le vote majoritaire
- Le vote majoritaire est l'aboutissement de débats. Des qu'il est connu, tout militant doit porter ce seul message au français
- Démission de tous les militants qui intègrent le gouvernement de droite.
- Un seul porte parole habilitée à informer les medias officiellement.
- Tout militant qui ignore les règles de notre parti en faisant intervenir la justice doit démissionner. Etre militant c'est accepter les règles de l'instant T. Si les règles ne conviennent pas changeons les en faisant participer les militants.
- Le parti des caciques qui détruisent le PS doit être aboli.
Manuel Navarro
http://ps-lisleendodon.blogs.clarte-courage-creativite.com/

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Pantalonnade - Edito de Laurent Joffrin

Fous ! Ils sont devenus fous ! La rage suicidaire qui a saisi les socialistes depuis deux jours laisse la gauche profonde pantoise, furieuse et désabusée. Déjà, l’interminable processus de désignation du premier secrétaire avait enfoncé l’opinion dans les méandres d’une compétition amère et byzantine. C’était, pensait-on, le résultat d’anciennes procédures, respectables à défaut d’être modernes, démocratiques en tout cas. La contestation du vote final, les accusations croisées de tricherie et l’extravagante menace de porter le différend devant les tribunaux transforment ce processus obscur en éclatante pantalonnade. Ainsi, un tribunal pourrait être conduit à désigner le chef de l’opposition en France ! Détournement du droit, humiliation de la politique… Ils ont triché ! «Nous ne laisserons pas faire !» disent les plus remontés des protagonistes. Ils ne font que mettre en lumière l’usure et la corruption d’un appareil dont les votes sont incertains, biaisés et finalement non représentatifs. Exécuteur du ségolisme, Manuel Valls proclame que le vote de Lille était truqué. Ses adversaires rétorquent que ceux de l’Hérault ou des Bouches-du-Rhône, fiefs royalistes, sont tout aussi suspects.

La vérité, c’est qu’on les croit tous. Et que c’est ce mécanisme électoral qu’il faut jeter aux orties. Les adversaires de Ségolène Royal affirment que sa conception du parti ne leur convient pas et que ses positions sont trop fluctuantes pour qu’on lui fasse confiance. Vraie ou fausse, l’accusation supposait chez ces procureurs une attitude logique. Que n’ont-ils, si le parti était en danger, suscité en face d’elle une coalition cohérente fondée sur des idées fortes ? Mais non. L’acide de l’ambition a dissous tous les arguments. C’est à la dernière minute, dans une ambiance de complot vénitien, qu’ils ont intronisé Martine Aubry en amazone du «Tout sauf Ségolène». Le résultat ne s’est pas fait attendre : déterminée, imaginative, Ségolène Royal a pris le rôle de la réformatrice et Martine Aubry celui de la Sainte-Mère des conservatismes. Le score de Royal est passé du tiers à la moitié des adhérents, démontrant avant tout la volonté de renouveau qui émane de la base. On dira qu’on peut se passer du PS, qu’il y a d’autres forces politiques en France capables d’incarner un idéal progressiste, à gauche et même au sein de la droite. Certes. Bayrou, Besancenot, Cohn-Bendit ont tous trois légitimité à recueillir les dépouilles d’un socialisme décidément trop étranger au monde qui l’entoure. Certains diront que le volontarisme sarkozien peut aussi fournir une issue de secours… Mais si l’on n’est ni sarkozyste, ni centriste, ni trotskiste, à quel saint se vouera-t-on ? Ou à quelle sainte ? Par sa force électorale et son implantation locale, le PS est incontournable sur l’échiquier politique. Sa transformation en champ de foire informe déséquilibre d’un coup la démocratie française, en coupant à l’opposition l’espoir de gouverner à brève échéance. Il n’est qu’une solution à cette tragicomédie : respecter les procédures actuelles, aussi contestables soient-elles, désigner une gagnante et transformer à grande vitesse cette machine passéiste en formation politique digne de ce nom. Changer ou mourir…

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La guerre des roses

Et voilà... On pensait que, malgré un congrès de Reims râté, les militants allaient faire un choix clair qui permettrait de relancer la machine socilaiste et c'est le pire des scénarii qui s'est déroulé. Le Parti Socialiste est au bord du chaos, les militants sont désabusés et désorientés et les petites batialles mesquines sur les chiffres, les "fraudes" tiennent la une des journaux. Conclusion le perdant est le Parti Socialiste et les grands vainqueurs sont ceux qui ont contribué à cette situation : Sarkozy, Bayrou et Besancenot.

Quelque soit l'issue de demain, les blessures seront longues à cicatriser et il y a fort à parier que cette situation va permettre à Sarkozy de rempiler pour un second mandat. Les batailles d'ego n'auront pas fait que des victimes au sein du PS, ce sont les Français les plus fragiles qui vont en payer les plus lourdes conséquences. Hélas !

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19 novembre 2008

Service minimum d’accueil pour les élèves : un texte inapplicable et dangereux

clip_image002_2_Comme lors de la grève du 7 octobre dernier, les élus Verts, Socialistes, Communistes, Radicaux et Citoyens, et Radicaux de Gauche de Seine-Saint-Denis; ainsi que les organisations syndicales (SGEN CFDT, SE UNSA) dénoncent une loi inapplicable et constatent l’impossibilité de mettre en place un service minimum dans les écoles maternelles et primaires.

En pratique, les enseignants ont déclaré leur intention de faire grève auprès de l’autorité administrative au plus tard 48h avant le début de la grève. Ces 48h auraient dû permettre l’information du maire par l’inspecteur d’académie du nombre potentiel de grévistes dans chaque école et la préparation de l’accueil.
Cela ne tient pas compte de la réalité.

  • Les maires ont des difficultés à trouver du personnel pour mettre en place le service d’accueil, la plupart des communes ne disposant pas de personnels qualifiés et disponibles pour assurer un tel service. A Romainville, par exemple, 12 écoles sur 14 sont totalement en grève et il faudrait trouver en 48 heures 112 personnes qualifiées !!! Le délai n’est pas suffisant pour organiser un service d’accueil minimum.

  • La qualité de l’accueil ne peut être garantie. Il peut avoir lieu à l’école si elle n’est pas occupée ou dans tout autre local disponible : un centre de loisirs, un gymnase, une salle polyvalente… et rien n’est indiqué quant au type d’activités qui est proposé aux enfants. Ainsi, suivant les effectifs de la ville, suivant l’ampleur de la grève et suivant le type de locaux libres, le taux d’encadrement, l’aptitude des intervenants et la nature des activités varient. Les enfants ne sont donc pas tous pris en charge de la même façon et dans les mêmes conditions. Cette souplesse du service minimum d’accueil se fait au détriment de la sécurité et du bien-être des enfants.

Les conditions d’enseignement se dégradent, les remplacements peuvent de moins en moins être assurés et le droit de grève est mis à mal. Après les 11 200 suppressions d’emplois de cette rentrée, le ministre de l’Education nationale annonce encore la suppression de 13 500 postes d’enseignants pour la rentrée 2009, suppression à l’aveugle sans tenir compte de la démographie scolaire.

Or, le principal souci des familles n’est pas uniquement l’accueil les jours de grève mais l’éducation de leurs enfants. Pour  nous élus, comme pour les parents et les enseignants, le droit d’accueil est bien différent du droit à l’éducation et la mission première de l’école doit rester d’enseigner.

Nous refusons que l’école devienne peu à peu une simple garderie et nous soutenons les enseignants qui par cette journée d’action demandent le maintien des postes et des moyens affectés aux Réseaux d’Aide  Spécialisés aux Elèves en Difficultés (RASED), afin qu’ils puissent poursuivre leurs actions essentielles pour nombre de nos enfants.

Nous, élus et représentants d’enseignants, refusons d’être complices d’un gouvernement qui remet en cause le droit de grève et la qualité même du service public de l’Education Nationale.

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Votre action de proximité pour la réduction des déchets

SRD_popupLa Semaine de la Réduction des Déchets, inscrite dans le cadre de la campagne nationale "Réduisons vite nos déchets, ça déborde ", se déroulera du 22 au 30 novembre 2008.

Bientôt, vous retrouverez les programmes

http://reduisonsnosdechets.fr/index.asp
Cet événement vise à sensibiliser la population, responsabiliser les citoyens et inciter chacun à agir concrètement pour réduire ses déchets par le biais d'une consommation responsable et de petits gestes de la vie quotidienne. Elle s'adresse aussi bien aux institutions et collectivités qu'aux scolaires et au grand public de manière générale.

Pour cette occasion les partenaires de la campagne "Réduisons vite nos déchets, ça déborde" invitent tous les acteurs, têtes de réseau nationales, écoles, associations, éco-designers, collectivités locales, entreprises et citoyens, à se réunir pour organiser des actions concrètes sur le terrain. Parce que les petits ruisseaux forment les grandes rivières, chaque action, même à une petite échelle a un impact sur l’environnement, et chaque citoyen a son rôle à tenir dans la sauvegarde de la planète.

Inscrivez-vous dans cette démarche citoyenne, en participant à la Semaine de la Réduction des Déchets 2008.
Mettez en œuvre une action de proximité (journée d’animation, conférence, débat, exposition, réalisation et diffusion d’outils pédagogiques) ... autour des 5 grands thèmes de la Semaine :

  • Ca déborde

  • Mieux produire

  • Mieux consommer

  • Réutiliser

  • Moins jeter

Et sensibilisez un ou plusieurs public(s) (scolaires, salariés, collectivités, professionnels...) à la réduction des déchets.

Charte d’engagement

  • Je m’engage à réaliser des opérations dans le respect de la loi et de la réglementation et à obtenir toutes les autorisations et assurances nécessaires au bon déroulement de la manifestation.

  • Je m’engage à mettre en œuvre des actions qui visent à valoriser et encourager des pratiques positives. Elles seront menées dans un esprit d’ouverture et de coopération et non dans une logique d’opposition ou d’affrontement. Elles seront non-violentes.

  • Je m’engage à ce que les actions ne soient pas liées à toute démarche politique, religieuse ou contraire aux bonnes mœurs.

  • Je m’engage à ce que les actions soient menées sans but lucratif. Leur accès sera gratuit et si exceptionnellement, des prestations sont payantes ou des articles vendus, je m’engage à en informer au préalable la coordination de l’événement.

http://reduisonsnosdechets.fr/html/part_appel_form.asp

Téléchargez la charte : charteSRD

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Essai : Novembre 1918 - Le socialisme à la croisée des chemins

Le Parti Socialiste, rallié en 1914 à la défense nationale, se trouve confronté, quatre ans plus tard, à une crise profonde de son identité ébranlée par le choc d'une guerre brutale.

C'est l'histoire de cette crise que Romain Ducoulombier raconte ici...

Téléchargez l'essai : ducoulombier

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Soutien aux enseignants en grève le 20 novembre

Le Parti socialiste soutient le mouvement de grève des enseignants engagés ce jeudi 20 novembre pour la défense de l’Ecole publique et laïque.

Les décisions du gouvernement Sarkozy-Fillon-Darcos menacent directement l’avenir des enfants : après la suppression de 11 500 postes en 2008, ce sont 6 000 suppressions de postes qui sont annoncées dans le premier degré pour la rentrée 2009, 13 500 au total dans l’Education nationale.
En diminuant de 3 000 le nombre de postes au concours de recrutement des professeurs des écoles alors que les écoles maternelles et élémentaires scolariseront 20 000 élèves supplémentaires, en supprimant 3000 postes d’enseignants spécialisés (RASED) qui aidaient les élèves en difficulté, le gouvernement prend la lourde responsabilité d’aggraver les inégalités. Les suppressions annoncées de postes spécialisés E et G vont notamment priver  150 000 élèves d’aides spécialisées et de nombreuses écoles de toute intervention de maîtres spécialisés. Cette mesure conduira de fait à la suppression des RASED en 3 ans.
Ces décisions  inacceptables s’inscrivent dans une politique idéologique globale de démantèlement du service public d’Education.

- Proposition de loi présentée en janvier concernant la création d’EPEP (établissements publics d’enseignement primaire) afin de placer les écoles maternelles et élémentaires sous la tutelle des collectivités territoriales,
- Mise en place dès janvier d’une agence nationale du remplacement qui embauchera des personnels précaires, attaques contre la maternelle,
- Réforme du lycée bâclée,
- Asphyxie des Associations Éducatives Complémentaires de l’Enseignement Public;
autant de mesures qui vont totalement à l’encontre du droit à l’éducation et à la réussite de tous.

C’est pourquoi, solidaire des enseignants, de l’ensemble de la communauté éducative et des parents, le Parti socialiste  exige l’abandon de la suppression des milliers de postes prévue et des projets annoncés tout en demandant l’ouverture immédiate de discussions sur le devenir du service public d’Education nationale.

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