31 octobre 2008
Au PS, Benoît Hamon se sent porté par la crise financière
Benoît Hamon n'est pas tout à fait convaincu que la situation perdurera. "Après le congrès, les choses repartiront peut-être en sens inverse", mais il est décidé à exploiter la fenêtre de tir qui, selon lui, s'ouvre devant l'aile gauche du PS.
A une semaine du vote des militants, le 6 novembre, le plus jeune candidat au poste de premier secrétaire du PS (41 ans) considère que l'accélération de "la crise sociale et, bientôt, politique", valide les thèses de la motion qu'il conduit. "Quelque chose se passe à l'intérieur du parti ; la crédibilité a changé de camp. Nous ne sommes plus sur la défensive et n'avons plus à jurer que nous ne sommes pas des gauchistes" assure-t-il. Des mots que le député européen savoure à chaque réunion publique, comme celle qu'il a tenue jeudi 30 octobre dans un gymnase du quartier Montparnasse à Paris.
"Une bataille est d'ores et déjà gagnée ; tous, au PS, sont venus sur notre ligne politique", lance-t-il, ce soir-là, aux quelque cinq cents sympathisants rassemblés, dont nombre d'adhérents du Mouvement des Jeunes socialistes (MJS). Et de réclamer la création d'un pôle financier public, l'interdiction de licencier pour les entreprises qui délocalisent ou l'activation de mesures de protection contre certaines importations extra-communautaires.
Appelant à "rompre avec la gauche rassasiée, repue, indifférente aux souffrances et si préoccupée de son nombril", le député européen refuse "d'éteindre le feu Besancenot", mais se porte volontaire pour "éteindre le feu Sarkozy". "Mon obsession n'est pas de régler son compte au facteur ni d'en faire un ennemi absolu du PS", assure-t-il, tout en regrettant que le futur parti de M. Besancenot "préfère rester stérile" et "refuse de gouverner".
Se gardant d'effets de tribune trop prononcés, Benoît Hamon appelle les socialistes "à la gravité" et réitère la vocation de sa motion d'être partie prenante de "la majorité qui sortira du congrès de Reims". A tous, il réclame "des engagements clairs" et concentre ses critiques sur l'équipe conduite par Bertrand Delanoë, lui reprochant de vouloir convaincre les socialistes qu'ils ont avant tout "besoin d'un vrai chef". Benoît Hamon n'évoque la motion de Martine Aubry que pour critiquer l'action de Laurent Fabius "qui a baissé la fiscalité sur les stock-options lorsqu'il était ministre des finances". En désaccord avec Ségolène Royal sur les alliances avec le MoDem, il prend néanmoins la défense de l'ancienne candidate contre ceux qui, "au nom d'un rite sacrificiel", voudraient la voir "mise à l'écart de la vie politique".
En privé, le député européen, assure que si son texte obtient, lors du vote des adhérents, "un bon score, à deux chiffres", l'aile gauche du PS deviendra "un interlocuteur incontournable" au congrès. L'ancien président du MJS, qui fut rocardien avant de rejoindre le courant NPS (Nouveau Parti socialiste) admet que son statut personnel a d'ores et déjà changé à la faveur de cette campagne... Mais il garde la tête froide : "Le destin d'étoile filante ou de comète - et il y en a eu quelques-unes au PS - ne m'intéresse pas."
A lire !
Alors que deux semaines seulement séparent le PS du Congrès de Reims, «le socialisme pour les nuls» tombe à pic. Rédigé par deux historiens engagés au PS, Alain Bergougnoux et Denis Lefebvre, le livre brosse en 350 pages une histoire du socialisme et des socialistes des origines – le message égalitaire du Christ ! - à nos jours.
Le livre obéit aux critères habituels de la collection: il réussit notamment à raconter de manière plutôt accessible la naissance et l'unification de la pensée socialiste. Où l'on retrouve le christianisme social de Saint-Simon, l'utopie de la fin du salariat développée par Fourier, et les révolutionnaires purs et durs comme Auguste Blanqui. Les chapitres sont émaillés de portraits et fiches pratiques qui permettent d'en savoir plus sur les nombreuses personnalités qui ont compté dans la vie du parti.
Passe d'armes
Bien des décennies plus tard, c'est la période de la conquête puis de l'exercice du pouvoir par François Mitterrand qui est la plus documentée: congrès, élections, divisions, tout y passe. On y retrouve notamment des verbatim de débats mémorables, comme cette passe d'arme entre François Mitterrand et Jacques Chirac lors de la présidentielle de 1988.
Le livre se termine par une galerie de cinquante portraits de dirigeants socialistes d'hier et d'aujourd'hui, avec une méthode de classement savoureuse. Jospin et Fabius apparaissent ainsi dans la catégorie des «figures historiques», tandis que le sénateur-maire de Dijon François Rebsamen est élevé au rang de «grandes personnalités», aux côtés de DSK, Hollande ou Chevènement. Aubry et Delanoë ne sont eux que des «figures du socialisme municipal», et que Manuel Valls «donne l'impression de ne vivre que pour la politique». Et Ségolène Royal ? Elle se trouve dans la catégorie des «femmes socialistes», en compagnie de la maire de Reims, Adeline Hazan, et l'adjointe au maire de Paris Anne Hidalgo. De quoi alimenter les débats en période de Congrès.
A lire d'urgence !!!
30 octobre 2008
Le désespoir des singes - Françoise Hardy
Je suis née pendant une alerte, le 17 janvier 1944, vers vingt et une heures trente, à la clinique Marie-Louise, en haut de la rue des Martyrs, dans le IXe arrondissement de Paris, où, quelques mois plus tôt, un certain Jean-Philippe Smet avait vu le jour. Ma mère a souvent raconté que j’avais pleuré chaque nuit du premier mois de ma vie, mais qu’elle n’était jamais venue. Au bout d’un mois, se vantait-elle, fière de n’avoir pas cédé à ce qu’elle prenait pour un caprice, j’avais compris et ne pleurais plus. Je pense aujourd’hui que j’avais compris que plus vous appelez, moins on vient, qu’il faut ravaler ses larmes et ne rien demander à personne.
Comment en vouloir à ma mère ? Elle n’avait que vingt-trois ans et croyait bien faire. Elle croyait sans doute bien faire aussi en cédant à son désir d’enfant, exacerbé par un avortement récent, alors qu’elle n’était même pas amoureuse de mon père, un homme marié, qui jouissait d’une situation sociale très supérieure à la sienne. Sans doute en avait-elle déduit qu’il ferait un bon père, au moins capable d’assurer le confort matériel de sa progéniture.
Pendant la guerre, le père Victor D. se porta volontaire en tant que prêtre ouvrier pour aller dans un camp aider ceux qui y étaient retenus prisonniers. Il mourut à Dachau.
Leur rencontre fut aussi banale que pittoresque. La beauté exceptionnelle de ma mère attirait d’autant plus les regards qu’elle mesurait un mètre soixante-dix-huit, ce qui, dans les années quarante, était peu courant. Subjugué à la seconde même où il l’aperçut dans la rue, mon père entreprit de la suivre et ma mère, qui l’avait vite repéré, s’amusa à le faire marcher dans tous les sens du terme en l’emmenant d’un pas martial de la gare Saint-Lazare à la gare du Nord. Au bout d’une heure, elle ne put s’empêcher de rire devant sa constance et c’est ainsi que la glace fut rompue.
Mais que de disparités entre eux ! L’âge d’abord : vingt ans de différence. Le milieu social ensuite : grande famille bourgeoise originaire de Normandie et sise à Blois du côté de mon père qui dirigeait une entreprise de machines à calculer et dont les frères – amiral, père jésuite 1, médecin, éditeur-imprimeur... – avaient fait des études et reçu une formation musicale. Ma mère était, quant à elle, la troisième et dernière fille de petits employés de banque qui ne lisaient que le journal et maîtrisaient mal la langue française. Ils habitaient rue du Tilleul à Aulnay-sous-Bois, dans un modeste pavillon en meulière entouré d’un jardin où ils avaient élevé leurs trois filles en tirant le diable par la queue.
Trop en chair, l’aînée, Suzanne, se maria avec le premier qui voulut d’elle, Louis, un ouvrier fraiseur qu’elle suivit au Blanc-Mesnil où ils firent neuf enfants coup sur coup, en ayant à peine de quoi les nourrir. De constitution plus fragile, Marie-Louise contracta la tuberculose à une époque où cette maladie se soignait mal et faisait de vous un pestiféré. Venue à Paris pour vivre sa vocation d’artiste peintre, elle adhéra au parti communiste et, malgré les intempéries et les crachements de sang, distribua L’Humanité chaque dimanche à la sortie des églises, le catholicisme étriqué de sa mère n’étant sans doute pas étranger à la radicalité d’un idéal politique qu’à aucun moment elle ne remettrait en cause. Après avoir obtenu son brevet, la cadette, Madeleine, chercha tout de suite un travail dans la capitale, en partie pour se dégager à son tour d’un environnement familial étouffant.
Le décalage le plus important entre mes parents concernait cependant les sentiments qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre.
Mon père était fou amoureux – le démon de midi, peut-être –, alors que ma mère se sentait seulement flattée qu’un homme de sa condition s’intéresse à elle. Il faut dire qu’elle n’avait pas reçu beaucoup d’affection de la part de sa propre mère qui, n’ayant ni sa beauté ni son allure, ne se reconnaissait pas en elle et lui lançait à longueur de temps des piques aussi agréables à entendre que «Pour qui elle se prend celle-là ? D’où elle sort ?»... Il n’en avait pas fallu davantage pour que ma mère finisse par se croire sortie d’une cuisse plus jupitérienne que celle de cette femme méprisante à qui elle ressemblait si peu et se construise une personnalité dont l’individualisme, l’indépendance, l’orgueil constituaient les traits dominants et masquaient une terrible béance affective. Peu avant son décès, survenu en 1991, elle me confierait qu’elle craignait d’autant moins la mort qu’elle l’avait appelée de ses vœux dès son plus jeune âge.
La hargne de ma grand-mère visait également la gent masculine. À l’entendre, tous les hommes étaient des salauds qui ne cherchaient qu’à coucher avec les jeunes femmes. C’était d’autant plus paradoxal qu’après avoir été renvoyée du couvent par une mère supérieure qui n’avait pas décelé chez elle la moindre trace de vocation religieuse («Mariez-vous ma fille», lui recommanda-t-elle), Jeanne Milot épousa Alexandre Hardy, un homme suffisamment «pur» et honnête à ses yeux, qui ne la tromperait jamais. Amoureux transi de cette rousse plantureuse qui allait s’avérer égocentrique, bornée, frigide et castratrice, mon grand-père se ferait continuellement rabrouer, en particulier chaque fois qu’il aurait pour elle des attentions touchantes de maladresse. Il finirait par se réfugier dans un mutisme total, ne se souciant plus que de son poulailler et de son jardin, tout en compensant ses frustrations par la lecture d’Intimité et de Nous deux. À sa décharge, ma grand-mère était orpheline de mère et avait, toute petite, été mise en pension par un père dépassé qui resterait l’unique personne à qui elle ait tenu et qu’elle appellerait jusqu’à la fin de sa vie «mon papa à moi».
Avec l'aimable autorisation des éditions Robert Laffont ©Robert Laffont, 2008. Les 3 premières pages du livre.
Le désespoir des singes - Françoise Hardy - Editions Robert Laffont - 21 €
Le Cap a du cœur
Le Cap se mobilise en faveur des bénéficiaires des Restos du Cœur du 93.
Participez à une vraie soirée de solidarité de proximité le 31 octobre 2008. Les bénévoles des Restos du Cœur de Seine-Saint-Denis et Le Cap s'associent pour une grande soirée de solidarité de proximité.
Le 31 octobre, la soirée débutera par une présentation des actions des Restos au sein de la Seine-Saint-Denis. Elle se poursuivra par un grand concert réunissant les meilleurs bluesmen français mobilisés pour les Restos.
Vous pourrez ainsi applaudir chaleureusement Steve Verbeke, The Surfing Rogers, Roots Band, Hubert 06, Shaggy Dog. Benoît Blue Boy et Patrick Verbeke seront les guest stars de cette soirée, entourés d'autres invités surprises.
Toutes les sommes récoltées au cours de cette soirée iront directement aux Restos du Cœur 93.
Soirée de soutien aux Restos du Cœur du 93 le 31 octobre au Cap à Aulnay-sous-Bois
Entrée : 10 €
Gratuit pour les chômeurs et bénéficiaires des Restos du Cœur
Le Cap - 56, rue Auguste Renoir - 93600 AULNAY-SOUS-BOIS – Tél. : 01 48 66 40 38 - Fax : 01 48 66 31 46.
29 octobre 2008
Les enfants de Don Quichotte
Vous avez certainement entendu parler des frères Legrand, Augustin et Jean-Baptiste, des enfants de Don quichotte et du combat qu'ils avaient menés (et continuent à mener!) avec et pour les SDF.
Le film "les enfants de Don Quichotte"vient de sortir dans les salles. Il est poignant. Allez le voir si vous pouvez, les bénéfices serviront à poursuivre leurs actions et à faire une suite à ce film. Comme c'est un film à petit budget, il est dans peu de salles, vous pouvez consulter leur site :
http://www.lesenfantsdedonquichotte.com/v4/index.html
Le pitch : Le 26 octobre 2006, Augustin Legrand et Pascal Oumaklouf, de simples citoyens, décident de vivre dans la rue, au plus proche des sans-abri afin de les fédérer et de les amener à exiger le respect de leurs droits fondamentaux. Véritable camp retranché, le Canal Saint-Martin fut pendant plusieurs mois le lieu d'une nouvelle résistance. Voici l'histoire de leur combat dont ce film est un prolongement, une arme et un outil.
Note sur l'emploi - Octobre 2008 : de sombres perspectives
La crise financière de septembre est mise en avant par le gouvernement et le Président de la République pour expliquer la dégradation de l’emploi. Cependant, la remontée du chômage et les destructions d’emplois ont débuté avant que la crise financière ne prenne de l’ampleur.
Une dégradation de l’emploi antérieure à la crise financière
La politique menée par la droite a été incapable de dynamiser les créations d’emploi. En effet, elles ont été nettement inférieures sur la période 2002–2007, où elles ont progressé de 4%, que sur la période 1997-2002, où la progression a été de 14%.
Une année 2008 marquée par une remontée du chômage…
La remontée du chômage a lieu dans un contexte démographique pourtant favorable. La population active n’augmente plus que de 20 000 personnes par trimestre contre environ 80 000 au début de la décennie.Les premiers signes de dégradation de l’emploi sont apparus dès le premier trimestre 2008, soit bien avant la crise financière de septembre. Ainsi, le nombre des inscriptions en catégorie 1 enregistré à l’ANPE au cours du premier trimestre 2008 a augmenté de 4,1% par rapport aux trois mois précédents. Notamment, les entrées liées à un licenciement économique ont particulièrement augmenté (+2%), signe de difficultés du secteur productif. Les sorties de l’ANPE au cours du premier trimestre n’augmentent elle que de 0,7% et sont même en baisse sur un an (-4,4%). En août, le chômage est ensuite reparti fortement à la hausse, après être remonté de 0,2% en juin. L’augmentation de 2,2% du nombre de chômeurs au mois d’août par rapport à juillet, soit 41 300 chômeurs de plus, a même été la plus forte depuis 1993. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie 1 a augmenté de 2,2 % et celui des catégories 1, 2, 3 hors activité réduite de 1,5 % selon la DARES. La dégradation de l’emploi affecte en priorité les populations les plus exposées, c’est-à-dire les chômeurs de longue durée et les salariés les plus âgés. Ce sont ainsi les chômeurs de longue durée qui connaissent la dégradation la plus forte (+3,4% pour ceux inscrits depuis plus d’un an et +3,8% pour ceux inscrits depuis plus de deux ans) et les seniors de plus de 50 ans (+2,9%). Compte tenu de ces évolutions, l’Unedic anticipe une progression du chômage cette année (+46 000 chômeurs) et pour 2009 (+41 000), sans aucune création d’emploi. Le taux de chômage atteindrait 7,4% en fin d’année, contre 7,2% actuellement selon l’Insee.
… Et des destructions de postes massives
La remontée du chômage s’explique en grande partie par des destructions de postes massives dans le secteur industriel et par un fort ralentissement des créations de postes dans les autres secteurs. L’emploi salarié non agricole a en effet reculé au cours du deuxième trimestre 2008, 29 000 postes ont été détruits. Les sorties de l’ANPE au cours des trois derniers mois ont baissé de 1,9% par rapport aux trois mois précédents. Les sorties pour reprise d’emploi déclarée diminuent de 4,8%. Tous les secteurs sont concernés par les réductions d’effectifs ou du moins le ralentissement des créations de postes :
Dans l’industrie, la baisse des effectifs se poursuit : -0,4% (soit 15 000 postes), après -0,3% au 1er trimestre 2008.
Dans la construction, les créations d’emploi ralentissent nettement : +0,3% après +0,8% au 1er trimestre 2008.
Dans le tertiaire marchand, les effectifs se réduisent de 0,2 % (-18 000 postes). Un tel repli n’avait pas été enregistré depuis le début des années quatre-vingt-dix. Il résulte principalement de la très forte baisse de l’intérim ce trimestre (-7,3 % soit -48 500 postes). Hors intérim, l’emploi dans les services aux entreprises a continué de progresser mais à un rythme moindre (+ 8 000 postes au deuxième trimestre après +15 000 au premier).
Le secteur privé non marchand a également vu le nombre de créations de postes ralentir, passant de 13 000 postes créés au premier trimestre, à 10 000 postes supplémentaires au deuxième trimestre. Un tel repli n’avait pas été enregistré depuis le début des années quatre-vingt-dix. Au total selon la DARES, l’emploi dans l’ensemble de l’économie se serait replié de 45 000 postes au deuxième trimestre. Selon l’Insee, au second semestre, l’emploi salarié marchand perdrait environ 100 000 postes et l’emploi total 52 000 postes. Sur l’année, 37 000 emplois uniquement seraient créés, contre 359 000 en 2007.
Dans un contexte de précarité croissante
Les contrats temporaires et le sous-emploi n’ont cessé de croître depuis les années 1990. Selon les données de l’OIT, les emplois à temps partiel sont passés de 13% de l’emploi total en 1991 à 17% en 2006 et les contrats temporaires de 8% à 12% sur la même période. Parallèlement au développement du temps partiel, le taux de sous-emploi s’est accru modérément, mais constamment, depuis 2003 selon l’Insee, passant de 4,9% à 5,5% en 2007, ce qui représente 1,4 million de personnes. Près d’un tiers des salariés ayant un emploi à temps partiel travaillent moins qu’ils ne le souhaiteraient. Les moins de 25 ans, plus touchés que leurs aînés par les formes d’emploi particulières, sont les premiers concernés : hommes et femmes confondus, plus de 41 % des jeunes à temps partiel souhaiteraient travailler davantage. Les secteurs où les salariés à temps partiel sont les plus nombreux sont les services aux particuliers (30,8 %), l’éducation, santé, action sociale (29,9 %), puis les services aux entreprises (22,4 %) et le commerce (19,4 %).
Un recul des créations de postes qui risque d’être durable
Plusieurs indicateurs laissent présager d’une dégradation durable de l’emploi : le recul de l’intérim et des CDD, les politiques engagées par le gouvernement et l’impact de la crise financière sur les activités productives.
Un net recul de l’intérim, indicateur des évolutions de l’emploi
La situation de l’intérim notamment est un indicateur des évolutions futures de l’emploi. Or, ce secteur subit un important recul depuis mars. Les carnets de commande des entreprises se dégarnissent (L’indicateur synthétique du climat des affaires se situe dorénavant huit points en dessous de sa moyenne de longue période et a atteint le niveau le plus bas depuis décembre 1993), provoquant d’abord des effets sur l’intérim (recul de 7,3% au deuxième trimestre avec une perte de 48 500 postes). Les effectifs intérimaires baissent particulièrement dans l’industrie (-9,7%, soit -29 500 postes), mais aussi dans la construction (-6,2%, soit -8 500) et dans le tertiaire (-4,8 %, soit -10 600). Le volume de travail temporaire, mesuré en équivalents emplois à temps plein, est également en baisse : -5,6 % au deuxième trimestre 2008. Depuis le début de l’année, l’emploi intérimaire a reculé de 11% selon l’Unedic (passant de 733 000 à 653 000).Ce sont ensuite les CDD qui subissent la dégradation de la conjoncture. De juin à août 2008 par rapport à 2007, les entrées à l’ANPE pour fin de mission d’intérim ont augmenté de 6,2% et pour fin de CDD de 1,4%. L’évolution des offres d’emploi déposées à l’ANPE reflète la dégradation de la conjoncture économique et de l’emploi. En effet, le ralentissement de la demande, notamment de consommation, conduit les entreprises à retarder les embauches, voir à annuler les offres d’emploi qu’elles déposent à l’ANPE. Elles ont diminué de 6,5% au mois d’août et de 4,2% sur un an. En données brutes (non corrigées des variations saisonnières), les offres d’emploi durables sont celles qui ont le plus reculé, de 15,5% sur un an. Les emplois temporaires ont également reculé, de 14,7%. Seuls les emplois occasionnels (moins d’un mois) ont connu une augmentation des offres, de 5,2%.
La responsabilité des politiques gouvernementales : l’impact de la défiscalisation des heures supplémentaires
Alors que l’économie entre en récession, le nombre d’heures supplémentaires a augmenté de 5,5% au deuxième trimestre par rapport au premier et de 34,5% sur un an. La croissance du nombre d’heures supplémentaires déclarées par salarié à temps complet est particulièrement élevée pour les salariés travaillant dans les PME, avec une croissance de 50,8% dans les entreprises de 10 à 49 salariés sur un an. Ces résultats reflètent à la fois les effets d’aubaine, c’est-à-dire la conversion en heures supplémentaires d’un travail anciennement normal afin de bénéficier des exonérations, avec des coûts importants pour les finances publiques, et la substitution des heures supplémentaires aux embauches. Dans un contexte d’incertitude forte et où les heures supplémentaires sont moins coûteuses que les embauches, un tel dispositif est véritablement porteur de chômage. Par ailleurs, le nombre de bénéficiaires d’emplois aidés dans le secteur non marchand a reculé de 42 000 au deuxième trimestre, après avoir baissé de 13 000 au trimestre précédent selon la DARES. La politique inscrite dans le PLF 2009 est complètement en contradiction avec la dégradation de l’emploi. Les crédits accordés au ministère de l’emploi sont en baisse de 5%, le nombre de contrats aidés va passer de 290 000 en 2008 à 230 000 prévus et 30 600 postes vont être supprimés dans la fonction publique.
Les difficultés du secteur productif et la multiplication des plans sociaux
L’absence totale de soutien à l’activité productive de la part du gouvernement amplifie l’impact de la crise financière sur le secteur productif et l’emploi. Le secteur automobile, touché de plein fouet par la crise économique, emploie, directement ou indirectement, 10% de la population active, soit près de 2,5 millions de personnes. Ces emplois se répartissent entre la construction automobile à proprement parler, avec 275.000 personnes à la fin 2007, selon des données du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), et l’activité auto au sens large: réseaux de concessionnaires, vente de carburant, construction de routes…Au niveau européen, le marché pourrait reculer de 9% en 2008 et les stocks s’accroissent. Les usines Renault vont fermer pendant deux semaines et Ford va fermer sa seule usine française pendant dix semaines. Le site emploie 1 100 salariés. Ford envisageait de fermer ce site d’ici avril 2010, ce qui occasionne des inquiétudes chez les salariés. PSA Peugeot Citroën a annoncé que la quasi-totalité de ses sites de production en Europe seraient affectés par des mesures de chômage partiel au quatrième trimestre pour réduire la production de 30% par rapport au programme prévu. Alors que le constructeur espérait une hausse de 5% de ses ventes mondiales en 2008, celles-ci devraient baisser d’environ 3,5%. Dans l’industrie lourde, des réductions d’activité ont également été annoncées. Trois ateliers de la plate-forme pétrochimique de Carling (Moselle), exploitée par Total Petrochemicals France (TPF), subiront ainsi un “arrêt conjoncturel” entre mi-novembre et mi-décembre, en raison d’une demande très faible et des stocks de produits finis très élevés. Selon l’enquête mensuelle de l’INSEE publiée jeudi, les entrepreneurs du bâtiment estiment que les créations d’emplois devraient fléchir au cours des trois prochains mois. La dégradation de la conjoncture affecte tous les secteurs, ce qui se traduit par des défaillances d’entreprises en hausse et des créations d’entreprises en baisse :
Séries des défaillances 2008 | ||||||
Janv. |
Fév |
Mars |
Avril |
Mai |
Juin |
Juil |
3 562 |
3 599 |
5 872 |
3 940 |
4 171 |
4 112 |
4 333 |
Créations d’entreprises | ||||
Mai 08 |
Juin 08 |
Juillet 08 |
Août 08 |
Sept. 08 |
27 081 |
27 819 |
27 718 |
27 658 |
26 885 |
Le nombre de défaillances jugées au cours des douze derniers mois sous revue est en hausse par rapport aux douze mois précédents (+9,2 %) et de nombreux plans sociaux et fermetures de sites sont annoncés.
Plans sociaux annoncés depuis septembre | |
| La Redoute : | 672 emplois en 4 ans |
| ADECCO : | 600 emplois d’ici 06/2009 |
| Hewlett-Packard : | 500 emplois |
| Sanofi-Aventis : | 927 emplois |
| Altadis | 1060 emplois |
| Crédit Agricole-Caylon | 250 emplois |
| Renault : | 4900 emplois |
| Free : | 340 emplois |
| Tyco Electronics : | 620 emplois |
| Camif : | 980 emplois |
| Celeos : | 247 emplois |
| Fonderie Helveticast : | 91 emplois |
| Scania : | 100 emplois |
| Ranger France : | 447 emplois |
| Porcelaine de Sologne : | 80 emplois |
| Kronenbourg : | 214 emplois |
| Molex : | 300 emplois |
| Moteirs Baudouin : | 153 emplois |
| Texas instrument : | 350 emplois |
Soit 12831 suppressions d’emplois | |
Fermeture de sites de production :
US Molex (Vielmur sur Agout 81)
DIM (Autun 71) ⇒ délocalisation en Roumanie
Dépôt de bilan :
Camif (Niort 79)
Fonderie Helveticast (Angers 49)
Moteurs Baudouin (Marseille 13)
Arrêt de production (chômage technique) :
Renault : Dieppe-Sandouville-Choisy le Roy-Douai-Batilly-Villeeurbanne-Maubeuge-Le Mans-Flins
Sonas (équipementier) : Saint Nicolas d’Alermont-Beaucourt-La Souterraine
Ford : Blanquefort
PSA : Mulhouse-Sochaux-Hordain
General Motors : Strasbourg
Arcelor Mittal : Dunkerque-Montataire
Total : Carling
Liebherr-France : Colmar
Chantier de l’Atlantique : Saint Nazaire
Manitou : Ancenis
Paulstra : Segré
NTM Transmission : Allonnes
Hutchinson : Chalette sur Loing
Les 10 propositions socialistes sur le front de l’emploi et des salaires
Nous constatons depuis le début du troisième trimestre une remontée du chômage et une érosion du pouvoir d’achat des salaires. Cette tendance résulte de la politique économique et sociale suivie par le pouvoir depuis l’été 2007. Celle-ci est aggravée par les effets déjà perceptibles de la crise financière et bancaire. Dans ce contexte, il faut une action vigoureuse de la puissance publique en faveur de l’emploi. Le plan préconisé à la hâte par le chef de l’Etat ne répond nullement aux enjeux et à la gravité de la situation, puisqu’il revient à réinventer les emplois aidés que sa majorité avait diminués et dénigrés. Le PS considère que la première priorité repose sur la croissance. C’est la croissance qui doit être stimulée et accompagnée. C’est pourquoi le pouvoir d’achat, l’investissement et l’emploi doivent être les trois piliers d’une politique économique. 1. Modulation de l’impôt sur les sociétés pour favoriser l’investissement productif. 2. Mise en place de structures régionales chargées d’impliquer concrètement les banques dans le soutien aux PME/PMI qui ont des besoins de crédits, en regroupant les représentants des collectivités territoriales, les banques, l’Etat et les représentants des entreprises par bassin d’emploi. 3. Abrogation du mécanisme de défiscalisation des heures supplémentaires : d’un montant de 5,5 milliards d’euros par an, ce dispositif contribue gravement à l’augmentation du chômage en rendant l’heure supplémentaire moins chère à l’entreprise que l’embauche. En période de crise, un tel mécanisme aboutit à une logique de destruction d’emplois sur fonds publics. 4. Les recettes de l’abandon de ce mécanisme doivent permettre de financer le manque à gagner des salariés placés d’autorité en chômage technique. 5. Engagement rapide d’une négociation salariale. Les exonérations de cotisations sociales seront subordonnées à la conclusion effective d’accords salariaux dans les branches ou les entreprises, et à la suppression de tous les minima de branche inférieurs au SMIC. 6. Substantiel coup de pouce au SMIC dès janvier prochain, revalorisation des allocations familiales et généralisation du chèque transport. 7. Remise en cause immédiate de la réduction prévue dans le budget 2009 du nombre de contrats aidés et recours plus large à ce type de contrats, pour retrouver les étiages d’avant 2002 (notamment les 350 000 emplois jeunes). Mise en place de garanties pour les bénéficiaires de ces contrats en termes de formation et d’insertion pérenne dans l’emploi, notamment pour les jeunes. 8. Gel immédiat de la baisse des effectifs dans la fonction publique : le projet de budget 2009 prévoit la suppression de 30 000 postes de fonctionnaires (plus gros plan social de ces dernières années), ce qui dans la période est un contresens et un important facteur d’aggravation du chômage. 9. Retour aux congés de conversion, abrogés par la majorité actuelle, pour tous les salariés frappés de licenciement dans les entreprises de moins de 1000 salariés, avec maintien de 90% du salaire pendant un an et suivi individualisé pour la reconversion et la recherche d’emploi. Renforcement des moyens et de l’accompagnement des conventions de reclassement personnalisées pour les salariés licenciés d’entreprises de plus de 1000 salariés. 10. Gel de la réforme en cours de la formation professionnelle, qui revient à détourner à des fins budgétaires les fonds normalement dédiés à la formation des salariés, et mise en œuvre d’une véritable réforme d’ampleur (transparence des sources de financement, temps de formation inversement proportionnel à la formation initiale, accent mis sur la reconversion des salariés frappés de restructuration…), en relation étroite avec les collectivités territoriales. Abandon du sabordage en cours de l’AFPA.
28 octobre 2008
Ceci n'est pas une crise financière !
Par Pierre Larrouturou, délégué national Europe du PS, auteur du «Livre noir du libéralisme» (Le Rocher). On en est là après trente ans de productivité mal gérée. La part de salaire a baissé, la dette a augmenté. C'est une crise sociale.
C'est en analysant les statistiques de la Réserve fédérale pour les cinquante dernières années qu'on comprend les causes profondes de la crise. Jusqu'à la victoire de Ronald Reagan, le ratio dette/PIB (1) était parfaitement stable aux Etats-Unis. Des règles collectives assuraient une progression régulière des salaires et un partage équitable de la productivité entre salariés et actionnaires. Mais, en 1981, Ronald Reagan arrive à la Maison-Blanche. Les libéraux baissent les impôts sur les plus riches, ce qui favorise la dette publique. Et la dette augmente, surtout parce que les politiques de dérégulation amènent à la multiplication des petits boulots et à la baisse de la part des salaires dans le PIB.
Nicolas Sarkozy parle souvent du «plein-emploi américain». Pourtant, les Etats-Unis sont très loin du plein-emploi : en 2008, la durée réelle moyenne du travail – sans compter les chômeurs – est tombée à 33,6 heures (2), car des millions de salariés ne font que 10 ou 15 heures par semaine. Une durée moyenne de 33,6 heures ! Ce «partage» du travail conduit à un partage des revenus de plus en plus inégalitaire : une étude de BNP Paribas montre que, sur les huit dernières années, «seuls les 5% d'Américains les plus riches ont vu leurs revenus réels augmenter». Trente pour cent ont vu leurs revenus réels diminuer. Ces 30% auraient dû diminuer leur consommation. Si la consommation a continué d'augmenter, c'est uniquement parce qu'on a poussé les classes moyennes et les pauvres à s'endetter chaque année un peu plus. A s'endetter au-delà du raisonnable.
Dans tous les pays occidentaux, la peur du chômage déséquilibre la négociation sur les salaires : «Si tu n'es pas content, tu peux aller voir ailleurs.» En vingt-cinq ans, en France, en Allemagne comme au Japon, la part des salaires dans le PIB a diminué de 11%. Cette année, en France, quelque 200 milliards d'euros sont allés aux bénéfices, alors qu'ils seraient allés aux salariés si l'on avait gardé l'équilibre salaires-bénéfices du début des années 80. «Sans la hausse de la dette des ménages, la croissance serait nulle en zone euro depuis 2002», explique Patrick Artus, directeur de la recherche et des études économiques de Natixis. En Grande-Bretagne, la dette des ménages dépasse 160% du revenu disponible. Une étude récente montre que, sans augmentation de la dette des ménages, la Grande-Bretagne serait en récession depuis 2002 !
«Les Français sont prêts à entendre la vérité», affirmait Sarkozy dans son discours de Toulon. Eh bien, chiche ! Voici la vérité : la crise de la dette n'est pas un incident de parcours dû à l'inconscience de quelques traders isolés. Pour garantir aux actionnaires des bénéfices colossaux tout en assurant un haut niveau de consommation de l'ensemble de la population, le néolibéralisme a structurellement besoin chaque année d'un endettement privé plus élevé ! Pendant vingt-cinq ans, cette fuite en avant a été très rentable pour les actionnaires et les banquiers, mais elle nous conduit dans le mur ! Des actionnaires trop gourmands qui veulent 10 ou 15% de rentabilité, il y en a toujours eu. La nouveauté des dernières années, c'est qu'ils ont pu obtenir ce qu'ils voulaient, car des gains de productivité colossaux ont produit un chômage de masse qui a totalement déséquilibré la négociation sur les salaires. Les racines de la crise financière, c'est trente ans de crise sociale ! Trente ans de productivité mal gérée. C'est à cause du chômage que la négociation sur les salaires est tellement déséquilibrée et que la part des salaires a tant diminué. C'est à cause du chômage que nos économies ont tant besoin de dette. C'est seulement en donnant au plus grand nombre un vrai emploi et une vraie capacité de négocier des augmentations de salaire que l'on sortira de la crise. Hélas, dix-huit mois après son arrivée au pouvoir, tout le monde a compris que Nicolas Sarkozy ne fera rien d'utile dans ce domaine. Il ne se passe pas une semaine sans qu'il annonce un «Grenelle», un «Grand Plan» ou une «Grande Mobilisation»... mais, contre le chômage, il n'a encore rien annoncé ! Absolument rien. Vu la gravité de la situation, il y a urgence à remettre la gauche au travail. Mais, vu l'importance des déséquilibres accumulés, une réponse nationale ne peut pas suffire. C'est l'ensemble de la gauche européenne qu'il faut rassembler et mettre au travail pour définir, très concrètement, de nouveaux outils de régulation.
Voilà pourquoi, avec mes amis de Nouvelle Gauche, avec nombre de militants qui ont signé la motion «Un monde d'avance» de Benoît Hamon, initiative historique et invite les socialistes des 27 pays (ceux qui sont au pouvoir et ceux qui n'y sont pas) à se retrouver pendant trois semaines, en décembre et janvier, pour travailler avec quelques prix Nobel d'économie sur l'ensemble des nouvelles régulations nécessaires à notre époque. Quelles régulations financières et monétaires ? Quelles régulations de nos échanges avec la Chine ? Quelles régulations intra-européennes ? Comment lutter radicalement contre le chômage, la précarité, etc. ? «Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire», disait Einstein. Nous autres, socialistes, ne pouvons pas nous contenter de critiquer Nicolas Sarkozy. Nous devons faire des propositions concrètes et nous devons agir ! Après vingt-cinq ans de fuite en avant néolibérale, après vingt-cinq ans de socialisme tiède, il est temps de relever la tête.
(1) Voir la courbe sur le site de Nouvelle Gauche
(2) Idem
Cette tribune sera publiée dans la prochain numéro de Marianne, sous la rubrique Forum.
Pierre Larrouturou
Le PS contre la "suppression" des "Rased"
Le PS a dénoncé lundi la suppression annoncée dans le budget 2009 de 3.000 postes d'enseignants des Réseaux d'aide spécialisée aux élèves en difficulté (Rased) qui s'inscrit dans "une politique idéologique de sabordage et de démantèlement du service public d'enseignement". "Au moment où le ministre (de l'Education) Xavier Darcos prétend lutter contre l'échec scolaire, cette mesure - qui annonce la suppression pure et simple des Rased d'ici 2012 - va de fait priver des dizaines de milliers d'élèves des aides spécialisées mises en oeuvre dans le cadre de pédagogies différenciées, aggravant ainsi les inégalités entre les élèves", a déclaré Claude Roiron, secrétaire nationale du PS, dans un communiqué.
Pour le PS, "ces suppressions de postes d'enseignants spécialisés, ajoutées aux 10.500 autres suppressions de postes, s'inscrivent dans une politique idéologique de sabordage et de démantèlement du service public d'enseignement".
La mise en place des deux heures d'"aide personnalisée" et les stages de remise à niveau "ne peuvent en aucune manière se substituer au travail effectué dans le cadre des Réseaux d'Aides" qui ont été créés pour répondre aux besoins particuliers des élèves en difficulté".
Le PS demande "le maintien" de ce dispositif, "l'abandon par le gouvernement de la suppression des 3.000 postes", et que "l'éducation soit remise au coeur des priorités du budget de notre pays".
Une pétition est en ligne, vous pouvez la signer à l'adresse suivante : www.sauvonslesrased.org
Guide de l'habitat durable en Seine-Saint-Denis
Un habitat durable est un logement consommant à la fois peu d’eau et d’énergie, de préférence renouvelable, dans son fonctionnement quotidien, et s’intégrant harmonieusement dans son environnement. C’est aussi un habitat qui préserve la santé de ses occupants en leur apportant un meilleur confort.
Pour finir, c’est un bâtiment qui aura nécessité peu d’énergie et de matières premières pour sa construction et dont on saura recycler les matériaux lors de sa destruction.
Ce sont la raréfaction des ressources en énergies fossiles et la prise de conscience de leurs impacts sur la planète qui ont amené cette réflexion autour d’une conception nouvelle de notre habitat. En effet, le secteur résidentiel représente 30% de la consommation énergétique nationale. 80% des marchés de rénovation (concernant 30 millions de bâtiments existants) sont effectués par les petites entreprises.
C’est en grande partie sur les entreprises artisanales que reposent les objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement, les nouvelles réglementations thermiques1 et les travaux préconisés lors des DPE2.
En partenariat avec le Conseil Général et l'ADEME, l'Agence Locale de l'Energie, l'espace Infeau Energie, la FFB et la CAPEB, ce guide a été réalisé pour enclencher une sensibilisation des entreprises du secteur du Bâtiment et faciliter les démarches des particuliers pour un développement de l’éco-construction, de l’éco-rénovation et des énergies renouvelables en présentant de manière non-exhaustive les équipements et/ou matériaux.
Consciente depuis de nombreuses années de la nécessaire préservation de notre environnement, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat apporte sa contribution à ce défi en recensant dans ce guide les artisans oeuvrant dans ce secteur d’avenir.
Vous pouvez télécharger le document sur le site : http://www.cma93.fr/index.php?id_page=49&id_xml=150




